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Atliénag., Leg, pro Christ

LES PHILOSOPHES ET LES GHRÉTIEItS. i25

feisaît crier par un héraut : Loin d'ici les épicuriens, loin dlcî les chrétiens S comme si la présence de ces srarveîflants.fermaît la bouche de Glycon. C'est un trait commun à tous les faiseurs de prestiges d'exiger la foi préalable, et d'alléguer que les miracles ne se font pas derant les incrédules. Aux yeux de Lucien, il était assmrément honorable pour les dnrétiens d'être ainsi suspects à Fimposteur, et la haine commune dont celui-ci poursuivait les épicuriens et les chrétiens était cosmne un Ken et une raison de sympathie.

D n'a pas tenu à quelques-uns que cette sympathie apparente, déjà douteuse en elïe4nème, et au moins sfaguKère a iriari ne se transformât en ;ne fraternité véritable, et que Lucien ne dût être compté pour un chrétien, sinon accompli, au moins ébauché, initié ^e Ixmne heure à la foi nouvelle, en ayant gardé le souvenir et en laissant exhaler çà et là le parfum, puis par mobilité et légèreté d'esprit s'^en étant échappé peu à peu.

Les passages, paraît-il, ne manquent pas, qui trahissent le christianisme de Lucien, et la môme critique qui, épluchant Sénèque, retire à la philosophie profane tant de pensées et d'expressions marquées, dit-on, de Tempreinte chrétienne, pour en faire le fruit de l'enseignement de saint Paul, s'est ici donnée carrière.

Dans le petit dialogue qui est en tête des œuvres de Lucien, et où, à la manière des jeunes rhéteurs, il personnifie et fait parler tour à tour la science et la sta-

1. ÉxçÉpst cpoCviTpdv Ti eV àorcù;, Xe-^wv àdstav £p.7rEis:X7i(T6ai xai xpio- Tiavûv TÔv no'vTov, ot uepi aÙToO To).p.ài(Ti Ta xoéxKrra ^Xadoxp^slv, cô; txcXtue Xî6ot; èXauvciv, ei ^% edcXouai iXtuv îyiv* tov ôtôv. — Lucien, Alexand., 25. Cf. 38.

tuaire, Lucien met ces paroles dans la bouche de lascience : « Si tu veux m'écouter, je te ferai connaître les œuvres nombreuses des anciens et leurs actions admirables ; je t'expliquerai leurs écrits et te rendrai habile dans toutes les connaissances. Ton âme, la mal-

tresse partie de toi-même, je l'ornerai de la plus noble et de la plus magnifique parure : sagesse, justice, piété, douceur, bienveillance, intelligence, fermeté, amour du beau, enthousiasme pour tout ce qui est pur et— élevé ; car voilà la véritable, l'inaltérable parure de Fâme^ » De cesparolçs, comme si Lucien n'eût pu les trouver seul, on cherche la source dans ces mots d^ saint Paul : « Le fruit de l'esprit est la charité, la joie, la paix, la longanimité, la bonté, la probité, la douceur, la tempérance ^. »

Lucien, parlant de l'effet que produisaient sur lui les sages paroles du philosophe Nigrinus, écrit: « Je me réjouissais d'être passé de l'air ténébreux de ma première vie à la sérénité delà lumière * ». Cette comparaison est une visible réminiscence de l'allégorie de la caverne. On y voit le langage du converti et, dans Topposition des ténèbres et de la lumière, un souvenir d'expressions mystiques du IV® évangile.

Lucien, dans un de ses plus remarquables dialogues, compare le souverain bien, la parfaite vertu que tous les philosophes prétendent enseigner, à une cité parfaite où régnent l'égalité, la paix, la liberté et la concorde. « 11 est naturel que tout le monde veuille devenir citoyen de cette ville idéale. On ne doit avoir rien plus

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