‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 56 sur 286 · Lucien, PAi7op · texte numérisé non relu

Lucien, PAi7op

dit-il, m'a fait présent de Tanneau fabriqué avec du fer pris à des croix et m'a enseigné la formule d'incantation composée de beaucoup de mots^ »

Qu'est-ce que ces personnages mis en scène ici, ce Babylonien, ce Syrien de Palestine et cet Arabe? Leur chercher des noms historiques est vain. Nous ne savons pas même s'ils étaient juifs ou chrétiens. Ils sont notés et raiUés simplement comme charlatans. L'expulsion des démons n'est pas à cette époque une pratique exclusivement chrétienne, non plus que la croyance aux démons n'est exclusivement une croyance païenne.

Dans son Dialogue intitulé les Fugitifs^ Lucien, sans prononcer une seule fois le nom des chrétiens, semble cependant les désigner à mots couverts, quand il parle d'une espèce d'hommes méprisables, de condition vile, qui ont quitté les métiers abjects qu'ils exerçaient pour jouer les philosophes, après avoir mouillé au port de la folie et pris pour escorte l'insolence, l'ignorance et l'impudence. Grâce à leur importunité et à leurs visites réitérées, ils lèvent des tributs et vivent largement. Ils déclament contre l'ivresse, l'adultère, la débauche et la cupidité, et cependant ils ramassent de l'argeiit et, après Tivresse, se conduisent honteusement

1. Philops,, 17. — On peut tirer d'Origène (conl, Cels, IV, 33, 34) que le formulaire employé par les Juifs dans leurs prières ou dans leurs exorcismes, et par les magiciens dans leurs incantations, était : « Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac et Dieu de Jacob. » On se sert aussi souvent, ajoute Origène (même passage), contre les démons et contre d'autres puissances malfaisantes de cet autre formulaire : (( Le Dieu dlsraël, le Dieu des Hébreux, le Dieu qui a englouti les Égyptiens et leur roi flans la mer Rouge. »

Cette intù^Ti iroXucûvop.oc dont parle Lucien dsinsion Philopsetidês, 17, est sans doute la première de ces deux formules.

dans les banquets, séduisent les femmes et les emmë nent avec eux. Si vous leur demandez quels sont leurs actes, ils vous renvoient à leur doctrine; si vous voulez les juger par leur doctrine, ils vous parlent de leurs actions. Ce sont des charlatans ennemis des Muses*. Ils recommandent aux autres la vérité et ne peuvent remuer la langue sans faire un mensonge. On les voit le visage pâle, la tête rasée jusqu'à la peau*.

Dans ce dialogue, Lucien imagine que trois esclaves devenus des philosophes de cette espèce, ont emmené la femme du maître de Tun d'eux. Quel mal ces hommes ont fait, s'écrie-t-il, en la retrouvant, et, comme onFengage à la reprendre avec lui : « Je ne veux pas, dit-il, d'une femme qui va tout à l'heure accoucher d'un vieux livre'. » Le dernier mot. du dialogue doit être noté : « Laisse cette peau de lion, dit le maître à l'ui des fugitifs, afin que tout le monde te reconnaisse poui un âne*. »

Il y aurait vraiment lieu de s'étonner que Lucien avec son esprit d'universelle investigation, ne connu ni l'histoire de Jonas, ni les légendes de la lutte de bons anges contre les mauvais, du déluge et di l'arche de Noé, ni les traditions plus récentes de pro phètes ou d'apôtres enlevés au ciel, marchant sur le eaux, ressuscitant des morts, guérissant des maladei et des possédés par quelques paroles, ni l'adoratioi de Jésus réputé fils de Dieu, ni la vertu attribuée ot Thommage rendu à la croix ; qu'il ignorât ce qu'i

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