De mort, Perey,^ 39. — Cf. Polycarp., Act
aÙTÔv ^ia6Yi>caç rivà; xai -ïrapaiviaÊt; xai v&|xouç, — • De mort, Vere^ grin. 41.
leur corps ou quelques gouttes de leur sang, s'ils se réunissaient volontiers dans les lieux où ils avaient été ensevelis, s'ils attachaient un grand prix à reposer eux-mêmes, après leur mort, auprès d'eux, et, comme ils pensaient, sous leur garde, s'ils les invoquaient comme des intercesseurs efficaces et croyaient que leurs reliques opéraient des miracles ; les païens ne laissaient pas de dresser des sanctuaires ou des statues à leurs thaumaturges et à tous ceux auxquels ils attribuaient une puissance merveilleuse. Dans les cérémonies officielles de l'apothéose, un aigle, qui était censé emporter au ciel l'âme des Augustes, s'envolait du bûcher au moment où brillait la flamme. La parodie de Lucien faisait ainsi coup double, si l'on peut dire, et frappait à la fois, sans les distinguer, les religions autorisées et la religion proscrite. On pourrait même se demander, à considérer dans son ensemble l'œuvre du philosophe de Samosate, s'il n'a pas été plus sévère pour les premières que pour la seconde.
Dans ce siècle de scepticisme et de crédulité mêlés, les philosophes qui prétendaient tout comprendre, et s'inquiétaient peu de choisir, professaient pour toutes les religions classées une sorte de bienveillance banale, et les admettaient comme autant de voies plus ou moins pures par lesquelles l'esprit et le cœur de l'homme s'élèvent au monde d'en haut. Lucien les condamne toutes sans exception. Jésus mis en croix en Palestine , Jupiter, dont on montre le tombeau en Crète, Hercule, qui s'est brûlé sur l'OEta, dieu brutal et buveur, Dionysos, cette moitié d'homme^; et les