SES OPINIONS, SES OUVRAGES ET LE DISCOURS YÈRITABLE
Rareté des écrits polémiques contre les chrétiens. — Leur destruction par wfBt des empereurs chrétiens au quatrième et au cinquième siècle. — Les fragmenis du Livre de Celse couverts par l'autorité du nom d'Orlgènc. — TémoignifCi d'Origène sur Celse et sur ses ouvrages. — Le Discours véritable. — Date delà composition de cet écrit. — Discussion des deux dates extrêmes (140-240) nitt* quées par plusieurs critiques. — Opinion de M. Keim sur cette question* -• Le Discours véritable, très-certainement postérieur an règne d'Antonin le I^eOt paraît antérieur à l'Apologétique de TertuUien, qui indirectement en aviié^ sieurs passages. — Démonstration de cette thèse. —- Conclnsion sur la date di Discours véritable, — École philosophique à laquelle appartient Celse. — V^ prit platonicieo est chez lui la note dominante.
Dans les dernières années du règne de Marc-Aurèl^ et particulièrement pendant Fintervalle de paix ext< rieure dont jouit l'empire depuis la fin de Tannée 1*7 jusqu'au commencement d'août 178, il semble que J situation faite aux chrétiens ait empiré. C'est dura^ cette période qu'eut lieu Ja tragédie de Lyon, 177, ^ d'après un écrivain ecclésiastique cité par Eusèbe, um recrudescence inouïe de violences dans la province prC consulaire d'Asie * . Athénagore aussi, dans le méiQc.
1 . Tb 'yàp Mt ircûicoTS '^svofi.evov vùv ^lûxerat t6 tûv 6ccas6ûv '^éf€ xaivol; ÈXauvotAgvGv ^â-fp.aan xarà tt;v À9i«v. — Eusèbe. Hhioir' Eccl. IV, 26.
temps, se plaint dans son apologie que les chrétiens soient seuls exceptés du bienfait de la paix universelle *. La multiplication des écrits apologétiques, suppliques et plaidoyers pour les chrétiens, composés à ce moment même en divers lieux, sans entente préalable, par Minucius Félix , Athénagore, Méliton de Sardes, Apollinaire d'Hiéraple et Théophile d'Antioche, prouve le degré d'acuité qu'avait pris la lutte entre le paganisme représenté par toutes les forces vives de la société et la conmiunauté chrétienne désormais en possession des grandes Ugnes de sa doctrine et de sa hiérarchie, et forte de lïnvincible énergie de sa foi.
La défense ne manqua pas à l'attaque ; mais celle-ci prit alors toutes les formes, depuis les voies de fait de la place publique et les exécutions sommaires après des ombres de procès, jusqu'aux satires, invectives, déclamations et réfutations écrites.
Cette guerre de plume, intermittente sans doute comme la persécution, fut inaugurée par Fronton vers le milieu du second siècle, et se continua pendant deux cents ans. Lucien, Celse, Hiéroclès, Porphyre, l'jempereur Julien, senties seuls noms de polémistes païens qui soient venus jusqu'à nous. Il y en eut d'autres sans doute. Lactance mentionne, sans le nommer, un philosophe païen qui, en 303, à Nicomédie, avait composé trois livres contre le christianisme. Eusèbe rapporte qu'au temps des premiers débats suscités par Arius, on raillait les chrétiens sur le théâtre. L'auteur anonyme du Philopatris écrivit son petit dialogue en 363.
De ces divers écrits polémiques , il ne reste entiers