I. Athénag.. Légat, de Christ,, I
que la petite satire de Lucien sur la mort de Pérégrinus et le Philopatris. L'insignifiance apparente de ces deux pièces, le témoignage favorable après tout qu'on trouve dans la première sur la charité des chrétiens et leur dévouement mutuel, et le voile qui couvre les traits satiriques qui sont épars dans les deux, leur ont valu vraisembablement d'être épargnées. Les autres écrits ont péri, lors du triomphe de l'Église, détruits en partie par le zèle privé, impatient d'éteindre le scandale de ces factura et d'en effacer, s'il se pouvait, le souvenir; en partie par ordre exprès de l'autorité publique, soit sous Constantin qui , ayant en 328, après Nicée, flétri du nom de porphyriens Anus et ses adhérents et ordonné de rechercher et de brûler les écrits de l'hérésiarque, — Impii ejus libri penitus fuerint aboliti^ — ne pouvait guère laisser vivre ceux du philosophe qu'il déclarait officiellement son maître*; soit sous Théodose IL Nous trouvons en effet, au commencement du Code de Justinien, un édit des augustes Théodose II et Valentinien III du 13 ded calendes de mars (16 avril) 449j dans lequel il est dit: « Nous décrétons que tous les ouvrages que Porphyre, dans sa démence furieuse, ou tout autre a composés contre la pieuse religion chrétienne, quel que soit celui chez qui on les trouve j seront livrés aux flammes. Nous voulons en effet, que tout écrit capable d'exciter la colère divine et de blesser les âmes disparaisse d'entre les mains des honames » ^.
1» Socrate, Hist, ecch^ I, 9. Cf. Sozoïmens. Hist, eccL, 20.
2* Codi Jttst,, I, 1 3.
Gu8t. Hœnel ne mentionne pas, dans cette loi, l'expression : ^ iripoçTi;. Voir Corpus legum ab impp, Rom, ante Justin, latarum^ pp. 247 248. — Keim marque la date du 16 février 448.
\la suite de ce décret et des recherches légales qui le manquèrent pas d'avoir lieu, il est à croire qu'un grand nombre d'écrits réputés impies et injurieux pour la foi furent- trouvés, livrés et brûlés en Orient et en Occident.
Avec le livre de Lucien dont nous avons parlé, le roman de Philostrate, la Vie d'Apollonius de Tyane, où le nom des chrétiens n'est pas prononcé une fois, échappa, et aussi les nombreuses citations du livre de Celse mêlées et encadrées dans la réfutation d'Origène, et défendues par le nom et l'autorité du grand Alexandrin. Ces passages, accompagnés des amples réponses qui servaient de contre-poison, ne pouvaient pas paraître dangereux. Et comment songer à supprimer le livre Contre Celse? Encore que la mémoire d'Origène fût suspecte à plusieurs, et que nombre de propositions du Ilepi 'Apx^v eussent été formellement taxées d'hérétiques, le nom du savant exégète était un des plus glorieux de l'Église ; son livre de polémique était rhonneur de la littérature chrétienne, et considéré conune un monument utile à la foi. Les réfutateurs des quinze livres de Porphyre furent moins heureux. Les volumineuses compositions de Méthodius, d'Apollinaris, d'Eusèbe et de Philostorge contre le philosophe néo-platonicien ont péri, on peut dire tout entières. La polémique de Celse conservée dans son ûPdre, sa teneur, et le plus souvent dans son texte authentique par l'un des plus larges, des plus profonds et des plus sincères génies de l'antiquité chrétienne, ^'en est que plus précieuse pour tous ceux qui sont curieux de connaître la lutte des deux sociétés en présence dans les dernières années du second siècle. . .
162 LBS PERSÉCUTIONS DE L'ÉaLIIE.
Nous devons le traité Contre Ceke à un ami d'Ori gène, TAlexandrin Ambroise, personnage considérable par son rang et ses richesses, esprit délicat, trègcurieux des hautes spéculations religieuses , séduit d'abord par les spiritualités gnostiques, puis rameoé par rintervention d'Origène dans le oourànt de « la grande Église » et des pures traditions \ et resté par lui, jusqu^à la fin de sa vie, Tassocié et le conseiller do ses travaux, le plus intelligent et le plus zélé des Mé* cènes. C'est à ses soins et à ses libéralités que noua sommes redevables d'une bonne partie des écrits exégétiques d'Origène. Présent, absent, Ambroise gtinHH lait son ardeur, lui soumettant ses doutes, lui piropo^ sant des questioBS et des sujets d'études, put» faisaat copier ses écrits par plusieurs scribes qu'il entreteBait chez lui, tenant toujours en haleine cet esprit puissant et vigoureux, administrant, si l'on peut dire, la féeeft* dite de son génie, et faisant de sa maison, où sa t&aaD» Marcella et sa sœur Tatiana partageaient ses goûts, tfB vivant foyer de haute culture ecclésiastique \ et I) b» surpasse à tel point, écrit Origène, dans Tardeur qu'" a pour la parole de Dieu, que je succomlpe presque l'étude et aux travaux qu'il m'impose '. » Et aUieuri Origène écrit encore, en parlant de ses commentaîp^ sur l'Écriture : « Par toi, pieux Ambroise> j'ai» été eis gagé dans ce combat difficile et qui passe mes forcées c'est afin de satisfaire ton zèle ardent pour la yéanSbe et sous la pression que ton amitié exerce sur moi^ qi^