Origène, Exhort, ad Martyr,, I
je suis descendu dans cette lice ^ » Il semble quô cette douce violence d'Ambroise ait été nécessaire pour tirer de l'esprit d'Origène tous les fruits qu'il était capable de produire.
•Sans cet excitateur et ce boute-en-train intellectuel, si Ton peut parler ainsi (èpYô8M»)KTr)ç), les huit livres contre Celse ne seraient pas nés. C'est Ambroise qui trouva l'ouvrage de Celse, en prit connaissance le premier, s'en émut et l'envoya à son ami en lui demandant de le réfuter^.
Origène ne s'engagea dans ce travail qu'avec répugnance. « Jésus, dit-il dans sa préface, attaqué et ôa« lomnié, garda le silence. Encore aujourd'hui on le calomnie et on l'attaque, et il se défend seulement par la vie et la conduite de ses vrais disciples, ce qui est la meilleure manière de confondre les accusateurs... Il faudrait plaindre, ajoute-t-il, celui dont la foi pourrait être ébranlée par les discours de Celse ou d'autres semblables, et qui n'aurait pas assez, pour se défendre et s'affermir, de l'Esprit saint du Christ qui habite en lui ^. » C'est seulement pour obéir à Tinvitation d' Ambroise, c'est pour les fidèles tièdes et vacillants s'il en est, et surtout pour ceux qui n'ont pas encore goûté au christianisme, qu'Origène prend la plume en cette circonstance.
Ce dédain préalable d'Origène à l'égard de Celse paraît bien n'être autre chose qu'une figure de rhétorique. L'ami d' Ambroise, en effet, était un trop fin connaisseur en matière de controverse, un esprit trop