AVANT-PROPOS. XI
rent le livre de Celse de la Vie d'Apollonius de Tyane de Philostrate , ces idées de conciliation firent des progrès. Le livre de Philostrate n'est pas seulement une œuvre individuelle, il est sorti du cercle philosophique de la syrienne Julia Domna,» femme de Septime-Sévère. C'est un manifeste et comme un essai d'Évangile païen. On n'y trouve nulle polémique contre les chrétiens; leur nom même n'est pas prononcé une seule fois; mais l'image des fondateurs du christianisme y est visible à chaque page. La Vie d^ApoU lonius est incompréhensible à notre avis, si l'on en fait un jeu d'imagination, sans portée religieuse, sans intention de prosélytisme et de réformation, sans dessein d'activé rivalité en face des succès croissants de la foi chrétienne. Le héros réformateur du paganisme suscité par Julia Domna est manifestement taillé sur le patron du Christ et des apôtres. Dans l'entourage de l'impératrice et de ses sœurs les sentiments voués aux chrétiens étaient divers. L'envie est ici plus visible que la haine. On rêve d'arrêter le christianisme en le supplantant, en l'absorbant dans un idéal nouveau qu'on imagine plus large, mieux approprié aux besoins des esprits, plus respec-