Cont.Cels., V
dans toute sa vigueur, en 240, sauf quelques maigres restes, elle était complètement morte. Plusieurs sectes citées par Celse sont môme inconnues d'Origène, fort au courant cependant du mouvement des idées dans l'Église et autour de l'Église. Par conséquent ^ le tableau que fait Celse des hérésies de son temps ne convient pas plus à la seconde date qu'à la première.
D'autres raisons ne manquent pas pour faire rejeter la date de 240. En admettant cette date, en effet, il faut considérer comme non avenu le double témoignage d'Origène, que Celse a vécu sous Hadrien, et qu'au moment ou Origène prend la plume, il est mort depuis longtemps déjà. Car, si Celse a écrit son traité en 240 et s'il est né la dernière année d'Hadrien, il avait plus de cent ans quand il composa son Discours véritable ; et, d'un autre côté, en admettant même que Celse soit mort l'année même où il aurait écrit son livre, et qu'Origène en ait composé la réfutation la dernière année du règne de Philippe l'Arabe, 249, ce court intervalle de huit ou neuf ans ne suffirait pas pour justifier Texpression d'Origène, que Celse, depuis longtemps déjà, n'est plus de ce monde.
De 238 à 244 Gordien est seul empereur, et l'Église jouit de la paix. Or, au moment où Celse tient la plume, la persécution sévit cruellement, et l'empire paraît partagé.
Lucien, après l'année 180, sur la prière de Celse, écrivit la vie de l'imposteur Alexandre d'Abonotichos, et l'adressa à son ami. Dans ce même ouvrage, il rappelle les livres que Celse a écrits contre les magiciens. Peut-on supposer qu'un intervalle de cinquante ou de soixante ans ait séparé la composition des deux ou-
CBLSB BT LB DISCOURS VÉRITABLE. i77
wages de Celse, le Discours véritable et le livre
Contre les Magiciens? Ces deux ouvrages, encore
que pour Lucien ils soient distincts^ appartenaient
au même ordre d'idées et se faisaient suite, si l'on peut
dire.
Que si Tannée 240 est proposée lato sensu et comme ine date approximative, les mêmes raisons sub* istent, avec plus de force si on la dépasse, avec une orce égale si Ton se tient en deçà, même de trente ans. tepuis la mort de Septime-Sévère jusqu'à celle de Phi- ^ r Arabe, 211-249, il n'y eut pas de persécution tfoprement dite exercée contre les chrétiens, si ce l'est au commencement du règne de Maximin, 235i37. Mais cette persécution donnée par les écrivains ecdésîastiques comme locale ou n'ayant atteint que les membres du clergé ^ n'a pas le caractère de généralité et de violence de la persécution dont parle Celse. Bien phis, Origène rapporte que sous Maximin, plusieurs églises furent détruites ou brûlées^; or, d'après le tànoîgûage de Minucius Félix et de TertuUien, les païens, jusqu'aux premières années du troisième siècle, accusaient les chrétiens de n'avoir ni temples ni
1. 0; Jtj ( MotÇiptÎTOC ) îMiTà xotov t^ wpô; ÀXtÇâv^pGU ôlitov ià *^»cvwv marûv ouve<rru>T* ^lœ'^p.ôv «-yiipoç tcù; twv ÈxxXyioiwv àpx^vTaç fwcuç, wç aÎTÎouç TÎÎî xatà xh tùayyiXtov ^i^aaxaXîaî àvfltipiîoOai »P«ff:âTtti. — Eusèbe. Hist, Ecci, Vï. 28.
Gusèbe, Chronicon, — Maximinus ad versus Ecclesiarum saceMotes |)ef8ecutionem fecit.
Firmilianus, êvéque de Cappadoce, dans sa Lxxv< lettre , Apud ^yprianum, écrit aussi: » Hanc persecutionem non per totutn mundum Miocaiem fdisse. o
Enfin, Sulpice Sévère : « Interjectis deinde annis Viii et xxx pax ^bristianis fiiit ; nisi quod medio tempore Maximinui nontiullatum ■^etiarum clericos vexavit. » Hisior, Sacr,, 11, 48.