Lenain de Tillemont, Hist, des Emp,^ 111, p
C'est l'opinion de Neander, de Jachmaiin, de Tzschirner, de Bindemana, de Lommalzsch, de Hase et de Zeller.
Marc-Aurèle, et plus précisément vers la fin de ce règne, entre 170 et 180. M. Théodore Keim, professeur de théologie à Zurich, qui vient de donner, tout récemment, un travail fort approfondi sur le Discours véritab/e de Celse*, a consacré un chapitre entier à cette importante question historique. Sa conclusion est que Touvrage de Celse a été écrit à Rome à la fin de Tété de l'année 178.
Tout d'abord, M. Keim prend pour base de son argumentation la double donnée d'Origène que Celse a vécu sous Hadrien et les Antonins, et qu'au moment où il réfute son traité, c'est-à-dire, d'après le témoignage d'Eusèbe confirmé par ce que nous savons de la chronologie des écrits d'Origène, à la fin du règne de Philippe l'Arabe, 245-249, Celse est mort depuis longtemps déjà.
M. Keim note en passant, et sous forme de prétention, des rapports visibles entre les passages de Celse et VOctavius de Minucius Félix composé vers 180, rapports qui attesteraient que le traité de Celse est antérieur, car il est peu vraisemblable, selon M. Keim, que Celse ait fait des emprunts à l'ouvrage de Minucius Félix.
Puis, se bornant aux indices fournis par les fragments de Celse, il remarque que l'état de décomposition du paganisme qu'on essaie de réparer par des restaurations artificielles, et à l'aide de la doctrine des démons, s'adapte bien à la fin du second siècle, et que le silence sur Apollonius de Tyane et sa légende, si fort à la mode
1. Celâus' wahres Wort. iEltesteSlreilschriftantiker Weltanschauung gegen das Christenthum vom Jahr 178 n. Chr... von D^ Theodor Keim, professor der Théologie an derUniversitat Zurich. I vol. in-S", Ziïricli, 1873.
dans le premier quart du troisième siècle, empêche de descendre jusqu'à Tépoque de Sévère et de Caracalla.
L'allusion faite par Celse au partage de l'empire, fixe encore mieux les idées, car ce partage ne peut s'appliquer qu'aux périodes suivantes : 147-161, Antoninle Pieux et Marc-Aurèle ; 161-169, Marc-Aurèle et Lucius Yérus ; fin de 176 à 180, Marc-Aurèle et son fils Commode.
Or l'indication donnée par Celse des épreuves du temps, de l'anxiété causée parla guerre, de la crainte de Voir Tempire s'écrouler et se dissoudre sous les coups des barbares, de l'appel adressé aux chrétiens de secourir la patrie et la civilisation menacées, de ne plus se dérober aux devoirs civils et au service militaire ; tous ces traits, suivant M. Keim, nous mènent visiblement au delà du règne pacifique d'Antoninle Pieux jusqu'au temps de Marc-Aurèle, avec ses calamités de toute espèce, jusqu'à ce temps où l'empire eut à combattre presque sur toutes ses frontières, ou les barbares franchirent d'un côté l'Euphrate et de l'autre le Danube et poussèrent au delà d'Aquilée, où des esclaves et dçs gladiateurs furent appelés à combler les vides de l'armée, où l'empereur faillit devenir, en 174,1e prisonnier des Quades, et l'année suivante être détrôné par son puissant légat Avidius Cassius, où apfès son triomphe avec Commode, 23 décembre 176^ il fut obligé de partir de nouveau pour une nouvelle expédition dont il ne revint point, 3 août 178 *.
Et dans les dix dernières années du règne de Marc- Aurèle on est forcément conduit à choisir, suivant