‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 94 sur 286 · Cont, Cels,, V, 34, 36; VU, G · texte numérisé non relu

Cont, Cels,, V, 34, 36; VU, G

à traversies particularités de formes et de rites. Que cette science des religions comparées de Celse eût des lacunes, qu'elle fut fondée souvent sur de vains on dit, et de très-superflcielles enquêtes, il est, certes, permis de le supposer, et cela était fort probable en effet. En l'absence de documents précis, nous mesurons moins les connaissances réelles et positives de Celse que sa curiosité. Il reste que cette curiosité, en quelque sorte universelle, avait, à ce qu'il paraît, embrassé toutes les formes alors connues des croyances établies et des crédulités parasites.

C'est dans cette dernière classe que Celse plaçait assurément la religion nouvelle. Il paraît avoir visité la Palestine, son berceau. Mieux qu'aucun contemporain, il connaissait les rapports de filiation qui la rattachaient au judaïsme. Sa curiosité de philosophe et d'exégète eût suffi pour le porter à étudier de près ce mouvement d'idées en lui-même et dans ses variétés. Il y avait là, en effet, des phénomènes très-nouveaux : une religion sans sacrifices sanglants, presque vide de rites et de pompe extérieure, et toute en opinions intimes ; une ténacité de foi extraordinaire parmi ses adeptes ; ceux-ci divisés entre eux, mais unis contre les sectateurs de tous les autres cultes : la croissance insensible d'une société en travail professant un détachement des Uens civils, qui était déjà un péril pour l'État. Celse, ayant entrepris de la combattre par la plume, était obligé de la considérer de plus près et de puiser son sujet à toutes les sources possibles d'informations.

Il n'était pas malaisé de recueillir des renseignements de vive voix auprès des chrétiens eux-mêmes,

,s, dit-on, en public, mais fertiles en paroles dans

irticulier: il était plus facile encore, apparemment,

avoir ce qu'ils disaient à ceux dont ils avaient tenté

lement la conversion : enfin, si bien fermées

elles fussent aux profanes, les réunions des chré-

ns avaient sans doute des fissures par lesquelles

lelque regard indiscret pouvait se couler. Il n'est pas

outeux que Celse ait recueilli par ces diverses voies

lombre de faits et de paroles, et on peut croire qu'il

ae se vante pas quand il écrit : « Je sais tout ce qui se

dit et se fait parmi eux *. »

Mais les paroles volent, les bouches sont rapides, indiscrètes, traduisent des sentiments personnels, des impressions fugitives et d'un moment, qui ne peuvent engager une communauté et qu'on ne saurait toujours prendre à juste titre pour l'expression de la pensée de plusieurs. Les chrétiens et les juifs leurs ancêtres spirituels avaient leurs auteurs.

Or quels sont dans les littératures juive et chrétienne les documents que Celse a eus entre les mains et qu'il a mis à profit ? Quoique nous ne possédions pas le Discours véritable dans son intégrité, les fragments qui nous en restent sont assez nombreux pour permettre de répondre à cette question. Si l'on y veut répondre sans esprit de parti, on sera forcé de convenir que Celse, avant de composer son ouvrage, prit soin de lire une bonne partie des Écritures juives et des divers écrits chrétiens qui étaient alors en circulation. Origène ne l'accuse pas tant de les ignorer que de les mal entendre, de ne les avoir pas étudiés

l. Cont.Ceh., I, 12.

d'assez près, de ne les pas prendre par l'anse qu'il faut, de les avoir consultés avec prévention et dans un esprit d'hostilité préconçue * . Ce reproche même de ne pas comprendre les Écritures comme il convient, est fort atténué du reste par ce qu'Origène ajoute : « qu'elles sont pleines d'énigmes et de profondeurs impénétrables au plus grand nombre ^. »

De fait, si Ton voulait restituer la •Bibliothèque de Celse, il y faudrait mettre à côté des poètes théologiens, des poètes tragiques et comiques, des historiens et des philosophes de la Grèce, à côté des mythographes de l'Egj'pte et de l'Orient, les livres dits de Moïse et particulièrement les deux premiers la Genèse et VExode,

€else en cite les récits, ou y fait les plus transparentes allusions. Il y a lu, vraisemblablement dans la version grecque, depuis longtemps déposée à la bibliothèque d'Alexandrie, et à la portée de tous les savants, l'histoire de la création en six jours, celle de la naissance de l'homme et de la femme, l'aventure du serpent, la tragédie du déluge avecrarche, la colombe et le corbeau envoyés comme messagers, l'histoire de Lot et de ses filles, l'enfantement tardif de Sara, la jalousie d'Esatt, Joseph vendu, Jacob trompé, les périls et les grandeurs de Joseph, l'admission et la multiplication des Juifs cantonnés en Egypte, leur départ ou leur fuite, les lois dures et exclusives que Dieu leur a données pour régler leurs rapports avec les étrangers^. Dans ces histoires, qui sont bonnes, à son avis, pour amuser les enfants ^,

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