Cont, Cels,, I
5. Ce sont ces prophéties, mentionnées dans l'Évangile de saint Matthieu, qui font évidemment dire à Celse : « Beaucoup soutiendront que c'est à eux que se doivent rapporter toutes les prophéties que Jésus s'applique. » Cont. Cets,, 1, 57.
les prophètes devait être « un grand prince, un conquérant redoutable, maître de toute la terre et roi de tous les peuples, tandis que Jésus fut, dit-on, petit, laid et d'apparence méprisable ', » et ne portait en lui aucun des traits du Messie annoncé, n'est-ce pas une preuve de fait que Celse avait lu plusieurs des écrits prophétiques, sinon d'une manière continue et dans toute leur teneur, au moins dans le cercle des données nécessaires à sa polémique, c'est-à-dire dans les divers textes sur lesquels Jason et Papisque avaient un peu auparavant institué la controverse qu'il essayait de renouveler? Il y a de plus tel passage de Celse, oiitre ceux que nous avons cités, qui implique précisément la connaissance des textes prophétiques, comme quand il écrit : « Si les prophètes du Dieu des Juifs ont prédit que celui qui viendrait au monde serait le fils de ce même Dieu, » comment comprendre l'opposition des lois et des prescriptions dictées à Moïse par ce Dieu, avec celles de Jésus son propre Fils ^?
On peut donc, plus que vraisemblablement, ranger au nombre des livres que Celse connaissait, avec la Genèse eiV Exode, l'écrit d'Isaïe, celui de Michée, et sans doute aussi, ceux de Jérémie, d'Osée et de Malachie, et plusieurs morceaux des psaumes^.
On peut y joindre encore les petits livres apocryphes de Jonas et de Daniel. Celse, en effet, sait l'histoire du merveilleux poisson du premier et l'épisode de la fosse aux lions du second^. Il faut encore ajouter le livre