Cont, Ceh., VU
apocryphe d'Hénoch. Origène, en effet, déclare que Celsea été puiser dans ce livre , sans savoir qu'il n'avait aucune autorité parmi les Églises*; et le recueil des vers sibyllins dont nous avons déjà parlé, livre que plusieurs docteurs citaient avec autant de confiance et de respect que la loi et les prophètes ^. Les Juifs d'abord, puis les chrétiens, y avaient mis la main. Celse n'ignore pas qu'il a été interpelé ^
Celse connaissait donc une bonne partie des Écritures juives, lesquelles aussi étaient Écritures chrétiennes, et les seuls livres alors sur le caractère divin desquels on s'entendît en général dans la majorité des églises.
Pour ce qui est des livres proprement chrétiens, dont le canon officiel n'était pas encore dressé au moment où il écrivait, la bibliothèque de Celse en possédait de très-nombreux et très-variés fragments. Le Juif qu'il a mis en scène et fait parler au commencement de son livre déclare très-formellement qu'il n'a rien allégué contre les chrétiens qui ne fût tiré de leurs propres auteurs*.
Parmi les fidèles, dit Celse, il en est qui, comme des gens à qui le vin fait faire des violences contre euxmêmes, ont changé la première rédaction de l'Évangile de trois et quatre façons et plus encore, et l'ont trans-
1. Origène cite plusieurs fois le livre de Daniel, sans douter de son autorité. 11 déclare au contraire que le livre d'Henoch n'est pas reçu dans les Églises, -~ Cont, Cels,, V, 54, 55.
2. Saint Just. Apol., I, 20. Voir l'article inséré au tome VJI de la Nouvelle Revue de théologie chrétienne^ p. 199 et suiv.