Cont, Cels,, VU
4. Taûra piv cuv ix. twv b^niçm auYYpa{i.{i.aT(t)v «ç* ci; où^evo? àXXou p-aprupo; 5^pT(iÇow.6v, aÙToi «Yàp sauroîç -jïepmirrBTt. — Cont, Cels, 11, 74.
formée de manière à répondre plus aisément aux réfutations qu'on en fait*.
Celse prend ici le mot évangile dans le sens trèsfréquemment employé alors et de tout temps d'histoire de la vie et de l'enseignement de Jésus. Il semble, dans ce passage, reconnaître un texte plus ancien que les autres, une rédaction primitive np(î)nr| Ypaç*/), sur laquelle plusieurs auraient successivement et très -librement travaillé. Il ne marque ni l'auteur de cette ancienne et première rédaction, ni les auteurs qui l'ont ensuite modifiée, et ne s'explique pas sur la nature et l'étendue de ces remaniements, si ce n'est qu'il les attribue aux besoins de la polémique. Nulle part dans les nombreux fragments qu'Origène nous a laissés du Discours véri^ table f ne se trouve le nom d'aucun des quatre rédacteurs de nos Évangiles canoniques. On ne saurait dire par conséquent si c'est d'eux que Celse entend parler dans le passage ci-dessus. Il ne distingue pas, en tout cas, entre les Évangiles canoniques qui, vers le mo-' ment où il écrivait, commençaient à prendre un rang à part et à revêtir une autorité prépondérante, et le^ Évangiles apocryphes, puisqu'il dit que la première rédaction — npoKY) Ypa^"/) — a été travaillée et remaniée trois fois, quatre fois et plus encore xpix^ %où. xeTpaxîî %tà. TzoXkoLyji.
Ce texte de Celse s'accorde bien du reste avec un mot du prologue de l'Évangile de Luc : « Comme plusietirs ont entrepris de composer un récit des choses qui se sotlt
1. Tivà; Twv iriffTeuovTcov 9Yiaiv w; ^x [leÔYi^ -îljtovTaç eîç xh ÉçsoToyai
**** ffoXXayy) xai lAETaicXocTTiiv îv* ly^ouv Tfpbc Toi>ç iX8*]fxouç àpveîaOat* — Cont. CeU. 11,27.
222 LES PERSÉCUTIONS DE l/ÉGLISE.
accomplies parmi nous, d'après ce que nous en ont transmis ceux qui en avaient été primitivement les témoins oculaires, et qui sont devenus ministres de la parole, il m'a semblé bon à moi aussi, etc. ' ».
L'auteur du troisième Évangile paraît clairement distinguer ici soit une rédaction primitive, soit une tradition orale qui avait été comme la matière de rédactions multiples. Or, de ces rédactions multiples (IIoaXcQ et postérieures, auxquelles Luc fait allusion et qu'il mentionne sans ombre de blâme ni de critique^, celle qui porte le nom de saint Jean- ayant paru un peu plus tard, comme tous en conviennent, et celle qui porte le nom de saint Matthieu ayant eu pour auteur un apôtre, un disciple immédiat et un témoin oculaire, doivent être exclues. Marc seul serait donc un de ceux donc Luc fait mention, sans qu'il soit possible de nommer les autres.
Quant à Celse, il ignore, entre 176 et 180, que quatre rédactions évangéliques seulement font foi dans l'Kglise.Ce n'est que vers ce moment, ou unpeu plus tard, que hors ces quatre, toutes les autres, celles que Luc entend et celles auxquelles Celse fait allusion par le terme de lloWcnyrij furent en quelque]sorte éliminées ou récusées par l'Église catholique. Mais Celse en connaît évidemment un plus grand nombre qu'il regarde
1. 'Eizv.^rnzi^ TzoXkd èirEy^eipyiaav àvaToéÇaoôai ^iinyf,<Ji'f irsft tû>v
àir'àpx^? àuTOTrrai xai uTTYipéTai 'Yevop.sv&i rc5 Xo-ycu, ^^oÇs xaaoi >ctX — Evang. S. Luc. \, \ , 2.
2. Quelques-uns, trop ingénieux, ont cru voir une intention semblable dans Texpression : imyji^-naa.'i 'ayocToc^aadai, — ont entrepris du mettre en ordre, de rédiger par écrit. — Cette expression, d'après Casaubon. revient évidemment à âvsTa^avro -r- ont mis en ordre, ont rédigé.
comme de libres compositions faites sur un ancien texte au moins supposé, et rédigées dans un but polémique ou apologétique.
Or, parmi ce grand nombre, il y a lieu, ce semble, de compter les quatre dont la canonicité s'établissait vers ce môme temps , bien que Celse ne désigne pas nommément ceux sous les noms desquels elles circulaient.
Celse considère ces diverses rédactions comme de purs documents historiques, et c'est vraisemblablement les variantes qu'il y trouve, et les morceaux ajoutés après coup qui lui ont fait dire que c'était en vue de répondre aux difficultés qu'on avait modifié le premier fond du récit. Il est digne de remarque que, dans l'Église môme, des écrivains contemporains de Celse et d'Origène : Irénée, TertuUien, Denys de Corinthe, et d'autres après eux, Eusèbe, Rufin, Epiphane, reconnaissaient aussi qu'on avait osé porter la main, sans scrupule, sur les Évangiles ^ Origène lui-môme écrit: Lévi n'était pas du nombre des apôtres, à moins que Ton ne veuille suivre quelques exemplaires de l'Évangile selon saint Marc '^,
Celse n'a pas pris soin de relever ces variantes; cependant, après les avoir alléguées d'une manière générale, il en a signalé un exemple que nous pouvons encore vérifier. « Au tombeau de Jésus, dit-il, les uns rapportent qu'il vint un ange, les autres qu'il en vint deux ^. » Or, le premier fait est raconté par saint Mat-
1. Nicolas, Etud, crit, sur ta Bibles Nouv, Testament, p. 41 et suiv.
Reuss, Hist. du Canon des SS, Ecrit,, ch. IV.