INTRODUCTION
Cette courte synthèse de deux siècles et demi de luttes permet de juger au prix de combien de sang le christianisme acheta la victoire. Sans doute, la persécution ne fut pas continue, comme quelquesuns le croient : elle sévit par intervalles (1), selon le mot souvent cité d^Origène, Dieu ne voulant pas, ajoute-t-il, que la race des chrétiens fut entièrement détruite (2). Pendant le second siècle, les magistrats ne les poursuivent pas d'office : un chrétien n'est condamné que si un accusateur le défère au tribunal, suivant les règles de la procédure ordinaire. Au troisième siècle, les édits impériaux ordonnent aux magistrats de rechercher pour les punir les membres de l'Église, instituant ainsi contre eux une procédure exceptionnelle; mais d'autres édits viennent toujours, après un temps plus ou moins long, suspendre ces rigueurs : il s'établit alors entre l'Église et l'État, de la fin d'une persécution au commencement d'une autre, une sorte de concordat tacite, que l'État peut toujours dénoncer, mais qui assure à l'Église, en attendant, un
(1) Kaxà xaipoO;.
(2) KcoXvovTo; Ocoû to Ttâv ^xiroXe[jiT)6f!vai aOtcôv lOvo;. Origène, Contra Celsum, ni, 10.