‹ Histoire des persécutions pendant les deux premiers sièclesChapitre 5 sur 35 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

qu'on trouve dans quelques-unes un mélangé de vrai et de faux. Dans les unes il y a peu de vérité, en d'autres peu de fausseté. Mais un très petit nombre sont vraies entièrement (1). » Parmi ces paucissimœ sont les relations contemporaines , comme la lettre de rÉglise de Smyrne sur le martyre de saint Polycarpe, la lettre des Églises de Lyon et de Vienne sur les martyrs de 177, la Passion de sainte Perpétue et de ses compagnons, la lettre de saint Denys sur les martyrs d'Alexandrie, le livre d'Eusèbe sur les martyrs de Palestine. De pareils documents (l'énumération que nous venons de faire n'est pas limitative) ont une autorité égale à celle des Acta. Mais ils sont peu nombreux en comparaison des Passiones écrites plus ou moins longtemps après les faits qu'elles racontent, et mélangées de vrai et de faux. Beaucoup d'entre elles sont de si basse époque, trahissent si clairement le travail de cabinet ou de cellule, qu'on n'oserait guère leur emprunter autre chose que des noms. Cependant, depuis que les études d'archéologie chrétienne ont reçu du génie de M. de Rossi une si puissante impulsion, il arrive fréquemment que les documents hagiographiques les plus suspects en apparence obtiennent sinon pour les détails, au moins pour les indications topographiques, quelquefois même pour les lignes

(1) Cité par Le Blant, les Actes des martyrs, p. 24.

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générales ' du récit, une confirmation inattendue. Cette bonne fortune est arrivée à diverses Passions de Rome ou de l'Italie. Écrites longtemps après les faits, elles l'ont été quand les monuments n'avaient pas encore perdu leur aspect primitif : le rédacteur n'est pas un témoin du martyre, mais il avait vu le tombeau, et les fouilles modernes ont mis en lumière la parfaite concordance entre la description de rhagiographe et l'état des lieux. Hors de l'Italie, et jusqu'en Asie, on pourrait rencontrer de semblables exemples : ainsi le rédacteur de la Vie justement suspecte d'Abercius, évoque d'Hiéropolis, en Phrygie, avait eu son tombeau sous les yeux, puisqu'on a retrouvé de nos jours (1883) l'original delà longue épitaphe qu'il a reproduite. En procédant avec circonspection, en faisant sans hésiter les éliminations nécessaires, il devient possible de se servir de documents dont une prudente critique n'aurait osé tirer parti avant que Tarchéologie les ait mis à l'épreuve et ait atteint le tuf solide que recouvrent quelquefois plusieurs couches superposées de matériaux sans valeur historique. Nous aurons plusieurs fois, dans le cours de ce livre, l'occasion de montrer comment, grâce aux découvertes archéologiques, des récits où le faux se mêle au vrai jusqu'à paraître quelquefois TétoufiFer, reprennent cependant une autorité suffisante pour fournir un point de départ aux recherches de l'historien.

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