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CHAP. III. — HISTOIRE DES SUGGESS. DE FÉRYDOUN

l'Iran. Cependant ils étaient si nombreux qu'ils réparèrent bientôt ce rude échec , et toute la valeur de leurs antagonistes, soutenue par la présence du roi et des vassaux , ne les empêchant pas de pulluler autour des étendards sacrés , força ceux-ci à fuir dans la Montagne , comme je l'ai ra» conté plus haut. Mais dans ces alternatives de bonne et de mauvaise fortune, la haute réputation d'Aresh ne fot point entamée, et les Parthes, au jour de leur plus grand éclat , tinrent à honneur de se rattacher à lui.

Abdoullah-Mohammed , fils de Hassan , fils d'IsFendyar, a donné la détermination de la Parthyène d'après les documents sassanides qu^'il a eus à sa disposition. Il l'appelle Fradeshwad-Gher , le pays de Fradeshwad , ou, dans une forme contractée, Fershwad. Il lui assigne pour limites, à l'ouest, l'Azerbeydjan et l'Ahar ou Arran, petite contrée à côté du Ghylan; au nord, le Taberystan, le Ghylan et le Dellem; au sud, les plaines de Rey, de Koums et de Damghan ; à l'est, le Gourgan. C'est à peu près ce que les Grecs ont dit de l'étendue de la Parthyène ; mais le chroniqueur persan ajoute que ce territoire fot ainsi fixé au temps du roi Menoutjehr, et l'on a d'autant moins de sujet de douter de sa parole que rien ne contredit ici ce que l'on sait par ailleurs de l'extension du troisième Iran.

Les circonscriptions ainsi remaniées, la capitale de l'empire cessa d'être Ampl ou Témysheh. Il n'était plus possible à un prince dont les États atteignaient à l'orient les rives de l' Indus et à l'occident celles du Tigre, de se tenir enfermé au fond des montagnes , en fece des eaux de la Caspienne. La tradition assure donc qu'une autre métropole fot choisie , mais elle ne peut donner que trèsvaguement l'indication de cette nouvelle cité. Abdoullah- Mohammed la place dans le Taberystan ; d'autres prétendent que ce fot Ragha; plusieurs assurent que ce fot

Pehlou. En réalité, ces avis diffèrent peu. Pehlou est une dénomination idéale qui indique seulement le siège de la race iranienne héroïque ; Pehlou ou Pehlewan signiBe précisément « le héros », et on a dit que Fars était fils de Pehlou , fils de Sem , fils de Noé , autrement que les Perses se rattachaient aux anciens patriarches , dont les Arabes ont voulu faire un rameau de la famille sémitique. Les Indiens connaissaient les gens de l'Iran sous le titre commun de Pahlawas. Gomme les Pehlewans demeuraient dans la Montagne, Pehlou y était nécessairement situé. Le Taberystan ne s'étend pas tout à fait assez vers le sud pour qu'il y eût utilité à quitter Amol en restant dans ses confins; mais Ragha est à fort courte distance, et on peut, à la rigueur, supposer que cette ville faisait partie de la province royale. Je penche donc à croire que c'est à Ragha , cité ancienne , célèbre et considérable , que s'établit la famille souveraine et qu'elle plaça le siège de son autorité.

Menoutjehr mourut dans sa gloire , et son fils Noouzer lui succéda. On va voir une suite de rois venir après celui-ci et séparer son règne de celui de Gyrus, qui , d'après Hérodote , n'eut qu'Astyages entre lui et Gyaxares. Mais j*ai montré tout à l'heure que les Grecs eux-mêmes n'étaient nullement d'accord sur ce point. Tandis que les savants de la Babylonie , remontant beaucoup plus haut que les Iraniens dans une certaine partie du passé , mêlaient sans doute les faits et les règnes , mais conservaient le souvenir de leur compatriote Déjocès ou Zohak, du vainqueur Phraortes ou Férydoun, du conquérant Gyaxares ou Menoutjehr, gardaient enfin les trois noms principaux qui semblaient résumer l'histoire de leurs rapports avec l'Iran, la cour de Suse ne parlait au médecin de Gnide que de la partie des annales qui intéressait directement soit la famille, soit la monarchie des Achéménides , et à laquelle son histoire

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