CHAP. III. — HISTOIRE DES SUCCESS. DE FÉRYDOUN. 3Î
ont laissées que des effigies d'uD caractère pbysionomique tout à ftiit indo- germain, entourées de léfjendes dont le langage est absolument arian. En conséquence, il restera bien entendu que chaque fois que le mot « Tourany » se présente dans les annales antiques de l'Iran, il équivaut à ceux de « Scythe », de « Turk », de « Tjyny », et qu'ensemble ces appellations indiquent des populations alors hostiles à l'Iran , mais non d'autre race que les Iraniens primitifs ' .
Le personnage appelé « Tour » , comme celui appelé Selm, résume une race de souverains qui ne remonte pas plus haut que Tàge de Férydoun. C'est celle de rois arians-scythes , vraisemblablement alliés par le sang aux rois iraniens, et qui guerroyaient avec leurs nations sur la frontière du nord-est dans l'espoir de faire des conquêtes et de s'avancer vers le sud. En lui-même. Tour n'est pas une individualité distincte, et se montre, à l'origine de l'histoire des rois du Touran, tel que l'on a vu Keyoumers, « le Roi des hommes », aux premiers âges de celle des rois iraniens. Bientôt la légende l'abandonne, et passe à un nom fameux qui a déjà paru une fois dans ces pages; c'est Âfrasyab'. Ce souverain n'est rien moins qu'une sorte de Djem-Sliyd scythique. Sa gloire est le centre et sera désormais le point de départ de toute gloire touranienne , et elle ira si loin qu'à l'époque musulmane même des dynasties turkes de la Perse se prétendront descendues d'Afirasyab.
On ne le considère pas comme très-rapproché du temps où Tour a régné; au contraire, il en est séparé par un cer-
* Ce fait, déjù indubitable par lui-même, e$t encore plus évident par le témoignage de sculptures que Ton observe à Persépolis, à Bisoutoun et ailleurs. Nulle part les personnages figurés ne montrent le type finnique, ce sont toujours des Arians ou des Sémites, et une des applications de ce qu*on observe si aisément, c*est de faire i-essortir Tabsurdité criante du système qui voudrait trouver une langue jaune sous les inscriptions cunéiformes de la deuxième espèce. Je m'en suis expliqué dans le Traité des écritures cunéiformes, t. I, p. 339 et pass.
2 Le Tesht-Avan le nomme « Fragharsha • .
tl.
tain nombre de générations, et je vais citera ce sujet deux tables généalogiques fort différentes. La première m'est fournie par le Nasekh- Atteyarykh , et elle est ainsi établie :
Férydoun. Wershyb.
Tour. Shanpaseb.
Sherwan. Pesheng ou Zadcshem.
Zow. Afrasyab.
Terk.
Le Tarykh-è-Fars , ou Chronique du Fars , présente les noms suivants :
Férydoun. Bourek.
Tour. Rayermen.
Tourekh. Fash.
Tourshesb. Afrasyab*.
Asanyaseb.
J'ai déjà fait observer que si de pareilles listes ont en vérité une grande valeur historique et demandent à être i;^cueillies avec soin , ce n'est nullement qu'il faille accorder une foi implicite à leurs détails , ni même peut-être
1 Maçoudy a sur la descendance des rois touranys une opinion autrement formulée. Suivant lui , il faut concevoir ainsi cette lignée : Nonh. Soubyl .
Jafès. Amour.
Les fils d'Amour, et parmi eux Arou; les descendants d'Arou, qui sont les Arians, Parmi ceux-ci les Khozlodjs, beaux et grande par excellence, et issus de ce sang.
Les rois primitifs des Turks, dont
Afrasyab et Shaneh.
Cette" opinion contient évidemment un souvenir très-net de l'origine ariune des Touranys, et mêle k des idées bibliques une tradition trèsauthentique et très-ancienne. Moroudj^szeheb , XV. Ce qui n*est pas moins intéressant dans le passage de haute importance que je viens de citer, c'est que, des tribus issues d'Amour, une partie avait passé dans t'Inde , et y avait pris la coloration et la nature propre aux gens du pays ; une autre s'était répandue dans le Thibet. Quant au nom d'Amour, c'est l'Ymir Scandinave, le Yima perse, le Yama indien, le Nemr sémitique, dont il a été question plus haut. Et Amour habitait primitivement dans le nord-est, dit Idaçoudy.