CHAP. III. — HISTOIRE DES SUCCESS. DE FÉRYDOUN
aussi peu éloigné de lui , au lieu de le dire vaguement issu du lointain Férydoun, et de citer l'autorité contestable du mobed que les Çamides appelaient en témoignage. Le caractère le plus remarquable de la table du Nasekh-Âttevarykh , c'est de supposer plus de deux générations entre Noouzer et Key-Gobad , et d'allonger encore la série des âges dans l'histoire de l'Iran antérieure à Cyrus. ' La légende» donne une grande réputation au règne de Key-Gobad. Puissamment aidé par les Çamides, il bat les Scythes en plusieurs occasions , les réduit à demander la paix, les contraint à céder toutes les provinces iraniennes qu'ils ont envahies, et rétablit les frontières là où Menour tjehr les avait placées. Un roi si glorieux règne cent ans; il meurt laissant le trône à son fils Kenabyeh, prince obscur , qui n'est nommé que par un seul auteur. Mais il semble d'autant plus nécessaire d'en tenir compte, que la présence de ce nom dans la liste royale sert à faire comprendre le chiffre un peu considérable d'années que ceux qui le suppriment accordent à la domination de Key-Gobad ' .
Après lui vient Key-Raous, son fils, et l'éclat jeté par le règne de ce prince est tel que, de même que les héros du passé , il est cité par les poèmes de l'Inde , qui le connaissent sous le nom de Kava-Ouçanas. Gomme il à vécu cent cinquante ans, il faut admettre encore, d'aprèç ce que nous venons de voir pour Key-Gobad , que des noms royaux se sont perdus autour de sa mémoire.
Cependant une autre supposition est non moins admissible. C'est qu'à cette date où l'histoire persane place un Key-Kaous , c'est-à-dire un roi Cambyse , il y a en effet un
1 Sir John Malcolm, sur Tautorité d*un autenr qu*il ne nomme pas, attribue à Key-Gobad quatre fils : Key-Raoas, qui sait; Aresh, éridemment Téponyme des Arsacides; Roum, celui des peuples de l'Asie Mineure , et Armen , celui des Arméniens. — T. I , p. S5. — Mais on a TU Aresb figurer déjà k une époque antérieure à celle-ci.
3dS LIVRE II. — TROISIEME FORMATION DE L'IRAN.
Cambyse , mais beaucoup moins notable , beaucoup moins glorieux qu'elle ne le suppose, et elle a transporté à ce plus ancien nom la gloire immense acquise par un autre Cambyse , par le fils de Gyrus , qui a fait oublier tout à fait les actions de son homonyme. La preuve de la justesse de cette observation se trouvera plus tard, quand on verra que le caractère général prêté par la légende au puissant Key-Kaous est absolument identique à celui que les histo-*^ riens grecs reconnaissent à Cambyse. En conséquence, je ne ferai rien de plus ici que de noter sans le décrire le règne d'un prince appelé Key-Kaous, qui résida dans la Perside comme ses deux prédécesseurs.
Nous sommes arrivés à une époque capitale. Tous les écrivains orientaux sont unanimes pour placer après Key- Kaous le grand nom de Key-Khosrou , ou Cyrus.
Une période imposante finit ici. Une autre qui ne Test pas moins, et qui présente plus de précision dans ses traits, va commencer; mais il faut, avant de s*y engager, examiner un point très-digne d'être relevé.
Ni Hérodote avec ses renseignements babyloniens , ni Ctésias et Diodore avec leurs connaissances puisées dans les archives de Suse , ne savent absolument rien des rois qui ont suivi Cyaxares, si ce n'est d'Astyages, que l'on a vu ne pouvoir correspondre au rôle à lui assigné par les Grecs, qui n'a certainement pas tenu la place où ils le mettent dans la chronologie, et qui, sur la déclaration péremptoire très -motivée de Ctésias, n'était ni le grandpère ni même le parent de Cyrus.
Cependant nous avons là cette lignée qui s'étend de Noouzer à Key-Kaous, et dont il n'y a pas moyen de discuter la réalité générale.
Si l'on observe qu'une liste royale, celle des Perses, aïeux de Cyrus, nous a été conservée et par Hérodote et par Ctésias ; si l'on fait encore attention que la légende