‹ Histoire des PersesChapitre 117 sur 192 · CHAPITRE I«'. — NAISSANCE ET JEUNESSE DE CYRUS · texte numérisé non relu

CHAPITRE I«'. — NAISSANCE ET JEUNESSE DE CYRUS

dance que la ville capitale £cbatane et l'Asie entière en étaient inondées. Les magies consultés effrayèrent tellement le roi qu'il n'osa pas donner Mandane en mariage à un Mède, craignant de trouver dans son gendre un compétiteur dangereux. Il l'unit à un Perse, Gambyse, homme de bonne famille dans son pays, de mœurs douces et pacifi<)ues, et en tout cas bien inferi^ir, suivant les idées d'Astyages, à tout Mède de médiocre condition.

En effet, les Perses étant les vassaux de l'empire médique , n'étant gouvernés que par des feudataires , Gambyse , eût-il appartenu même à la famille régnante de ce territoire, eût été plus loin du trône de l'État suzerain que quelque grand personnage de celui-ci ayant alliance ou prétendant l'avoir avec la dynastie.

La première année du mariage de Gambyse avec Mandane, Âstyages eut un autre songe. Du sein de sa fille sortait une vigne qui couvrait toute l'Asie. La terreur que les interprètes des songes lui inspirèrent de cette nouvelle vision d^)assa celle qu'avait causée la première ; il obligea Mandane enceinte à venir le trouver; il la retint en quelque sorte prisonnière, s'empara de son enfant quand celui-ci fut au monde, le remit à son parent Harpage avec ordre de le faire périr, et se trouva plus tranquille.

Mais Harpage craignant les retours d'esprit du roi son maître, ou les hasards de sa succession qui pouvait un jour tomber à Mandane et l'exposer au ressentiment d'une mère irritée, se garda d'obéir, et confia le nouveau-né a un des bouviers d'Astyages, nommé Mitradate. Get homme avait pour femme une certaine Spaco, ce qui, suivant Hérodote, signifie une chienne dans la langue des Mèdes. Ces deux personnes conduisirent l'enfant dans les pâturages au nord d'Ecbatane, tirant vers l'Euxin, au pays des Sapires. Ils avaient ordre de l'exposer sur la Montagne, au fond des bois, afin qu'il devint la pâture des

bétes féroces. Cependant, comme justement alors Spaco venait d'accoucher d'un enfant mort, ce fut celui-là qu'on exposa 9 et le fils de Mandane fîit préservé par les deux bergers, qui l'élevèrent en le faisant passer pour leur appartenant.

Dix ans après, le jeune Gyrus, qui ne portait pas ce nom-là , mais quelque autre à lui imposé par ses parents putatifs, se fit reconnaître par la hauteur toute royale avec laquelle , en jouant au sipuverain avec d'autres enfants de son âge, il traita le fils d'un des seigneurs mèdes. Astyages découvrit ainsi la vérité , et blessé de l'infidélité d'Har* page , il punit ce ministre en lui faisant manger son propre enfant. Ainsi vengé , il se calma et s'accommoda de laisser vivre Gyrus, parce que les mages l'ayant assuré que par sa royauté imaginaire il avait rempli les prédictions de l'oracle, il n'existait aucune raison de penser qu'il dût détrôner son grand-père. Dès lors, rien ne s'opposait plus à ce que Gyrus entrât dans sa dignité de prince, ce qui eut lieu en effet; sur l'ordre de son aïeul, il s'en alla chez les Perses retrouver son père Gambyse et sa mère Mandane , et tout le monde crut qu'il avait été nourri par une chienne, parce que sa nourrice s'appelait Spaco.

Voilà ce que raconte Hérodote, et si ce grand homme considère un tel récit comme plus voisin de la vérité que tous les autres, nous sommes obligés d'y reconnaître, nous , une des physionomies les plus franchement romanesques qu'une tradition puisse revêtir. G 'est donc sans scrupule que l'on peut passer à une autre version.

Ge que l'on sait de l'avis de Gtésias, c'est qu'il affirmait d'une façon positive que Gyrus n'était uni à Astyages par aucun lien de parenté, et à cette occasion le médecin de Gnide s'élève contre les mensonges d'Hérodote, qui a prétendu le contraire. Toutefois, en supposant que Diodore ait suivi dans cette circonstance le récit perdu de

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