‹ Histoire des PersesChapitre 118 sur 192 · CHAPITRE I«'. — NAISSANCE ET JEUNESSE DE GYRUS · texte numérisé non relu

CHAPITRE I«'. — NAISSANCE ET JEUNESSE DE GYRUS

Gtésias , on induit sans peine , du fragment qui s'est conservé dans la compilation du premier » que si le futur conquérant n'était aucunement apparenté à Astyages, il l'était du moins à sa nation , car c'est par Diodore que nous est parvenu l'oracle de Delphes :

a Lorsqu'un mulet sera roi des Mèdes, alors, ô Ly- » dien aux pieds délicats, fuis sans retard vers l'Hermus » sablonneux , et n'aie pas honte d'avoir peur. »

Et Diodore, en rapportant ce dicton, ajoute que le mulet devait s'entendre de Cyrus, Mède par sa mère et Perse par son père. On va voir que l'idée capitale de l'origine de Cyrus se trouve, en effet, concentrée sur ce point qu'il était un métis. Les Orientaux en sont convaincus comme les Grecs. Il parait que c'était là ce qui avait frappé davantage les contemporains et les successeurs immédiats de l'âge du grand roi , car c'est à peu près le seul point qu'ils aient nettement retenu. Cyrus était le produit d'une alliance entre deux nationalités, peut*étre deux races distinctes; c'est ce que le Shah-nameh va confirmer; mais il prend les choses de plus haut que les Grecs, et prélude à l'histoire de Cyrus par celle de son père , dont les aventures et les malheurs exercent naturellement une grande influence sur les débuts du héros.

Kaous, c'est-à-dire Cambyse, non pas ici le fils de Cyrus, bien entendu, mais un des Cambyse de sa lignée ascendante, régnait sur l'Iran, et plusieurs des feudataires de ce roi s'en allèrent chasser sur la frontière du côté des Touranys. Parmi eux se trouvaient ces chefs puissants et célèbres qui reparaîtront dans ces pages, Toous, Gyw, Gouderz et d'autres encore. Ils restèrent longtemps à jouir du plaisir animé qu'ils étaient venus chercher, et prirent et tuèrent une grande quantité de gibier.

Emportés par leur ardeur , ils ne firent pas attention qu'ils étaient sortis peu à peu du territoire iranien , et ils

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parcouraient une immense forêt appartenant aux Touranys , quand tout à coup ils rencontrèrent une jeune fille de la plus rare et de la plus merveilleuse beauté, qui toute seule errait dans les bois. Les héros, surpris et saisis à son aspect, Tentourèrent et s'enquirent avec empressement de son nom, de sa famille, des causes de sa solitude.

Elle répondit qu'elle était par ses aïeux paternels du sang de Férydoun , et que par sa mère elle appartenait à la race des rois du Touran ; qu'elle fuyait parce que son propre père voulait l'épouser, et que combattue par le froid , par la fiiim , par l'épouvante de ces lieux déserts , elle ne savait que devenir.

Pendant son récit, les héros s'étaient enflammés pour elle d'une passion violente, et brûlant de jalousie les uns contre les autres, Noouzer et Toous principalement, allaient en venir à une lutte acharnée, ou même à faire voler la tête de la jeune fille afin de rendre impossible le triomphe de l'un sur l'autre, quand le roi Kaous, prévenu, les fit comparaître devant lui avec leur captive. Il se fit raconter ce qui était arrivé, devint amoureux à son tour, dédommagea les chefs en leur donnant à chacun dix chevaux de prix, une couronne et un trône, fit conduire la demoiselle errante dans le harem, et au bout de neuf mois elle mit au monde un fils auquel fut donné le nom de Syawesh, ou Syawekhsh.

Les astres, consultés à la naissance de cet enfant, ne lui furent pas favorables. Le roi s'en attrista , et voulut combattre l'influence néfaste en éloignant le nouveau-né de la cour et en lui faisant donner l'éducation la plus propre à le rendre fort contre les adversités qui semblaient le menacer. Il le remit donc au plus puissant de ses feudataires, à Roustem, qui, se chargeant volontiers d'un si noble pupille, l'emmena dans le Zawoulistan, et lui apprit à

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