CHAPITRE !•'. — NAISSANCE ET JEUNESSE DE GTROS
monter à cheval , à tirer de l'arc , à jeter le lasso , à pratiquer en perfection tous les exercices du corps , à se comporter en homme dans les assemblées d'afifieiires , dans les réunions de plaisir, à chasser, à jouer à tous les jeux, à détester Tinjustice, enfin à savoir porter la couronne, parler aux multitudes, ranger une armée en bataille et Tentrainer.
Le maître était sans rival ; l'élève devint accompli , et il ne se trouva plus dans le monde, dit Ferdoosy, un homme qui pût le disputer en nobles perfections au fils de Kaous.
Si je ne me trompe, il y a dans ce que je viens de rapporter beaucoup de traits qui rappellent assez bien le récit d'Hérodote. Seulement il faut laisser Astyages de côté, comme le veut d'ailleurs Gtésias , et se placer en pensée , non pas à Echatane, mais dans le pays même de Gambyse, dans la Perside. Gambyse a épousé une femme étrangère, amenée du dehors. Il en a un fils. Ge fils, accueillr par des présages inquiétants, est éloigné par son père. Il ne passe pas son enfance dans la famille, mais il s'en va au loin recevoir une instruction complète, vigoureuse, telle qu'une âme d'élite pouvait seule l'accueillir et se l'approprier. Lorsque Gyrus, renvoyé à sa mère par Astyages, apparut pour la première fois devant les yeux charmés des vassaux de son père Gambyse, il devait ressembler assez bien à ce Syawekhsh de Ferdousy au moment où Roustem le ramena auprès de son père Kaous. On remarque d'ailleurs, sans doute, que l'éducation décrite par le poëte de Nishapour est tout à fait celle dont Hérodote fait honneur aux jeunes Perses de haut rang, et donne en même temps les principaux traits du tableau que Xénophon a amplifié dans la Gyropédie.
Ge fut Syawekhsh lui-même qui prit l'initiative de retourner près de son père. Il se plaignit amèrement a
Boustem de l'exil dont il était la victime, et déclara juste et nécessaire que Kaous pût au moins contempler sa force, sa beauté, juger de son courage, et connaitre ses talents. Le héros seystany n'eut rien à objecter aux désirs et à l'indignation de son pupille. Il l'équipa comme il convenait au maître et à l'élève, et se rendit avec lui dans l'Iran , où Kaous, du reste, informé de leur arrivée, se montra tout disposé à les bien accueillir. Il envoya Gyw, Toous et la plupart de ses capitaines au«devant des deux survenants avec toute son armée, et quand il aperçut Syawekhsh , il fut si frappé de sa bonne grâce, de son air de force, de ce qu'il avait appris, de ce qu'il apprit encore de lui , qu'il l'accueillit avec la plus extrême émotion, le combla de présents, remercia le ciel de lui avoir donné un tel fils, et témoigna enfin tout l'amour paternel dont jusque-là il avait été si avare.
On remarquera encore qu'ici , comme dans le récit d'Hérodote, les sentiments du monarque et les mouvements de son cœur sont dominés par les appréhensions que lui causent les interprétations du cours des astres.
Tout allait au mieux , quand les mérites mêmes de Syawekhsh vinrent le précipiter dans un abtme de maux et donner finalement raison aux astrologues. Le bruit de ses qualités aimables avait pénétré jusque dans l'Enderoun , et la favorite de Kaous, Soudabeh; en avait été trop frappée.
Dans son amour d'imagination pour Syawekhsh , qu'elle n'avait encore ni entretenu ni vu , elle eut le talent de persuader au roi que celui-ci devait lui envoyer un fils dont il lui faisait tant d'éloges, attendu que, fière de partager les sentiments de son mari , elle prétendait lui servir de mère.
Kaous fut charmé de ces affectueuses dispositions. Il ordonna à Syawekhsh de franchir le seuil sacré de l'En-