‹ Histoire des PersesChapitre 125 sur 192 · CHAPITRE I«'. — NAISSANCE ET JEUNESSE DE CYRUS · texte numérisé non relu

CHAPITRE I«'. — NAISSANCE ET JEUNESSE DE CYRUS

(Irement, le suivait en l'interrogeant sur la cause de ce départ subit, il l'assassina. C'est ainsi qu'il devint le successeur désigné, puis après la mort d'Héféran le possesseur du trône de Kbawer.

Dans cette tradition, on retrouve le mulet de l'oracle de Delphes. Ici le caractère du métis est si fortement marqué que c'est le trait sur lequel la légende insiste le plus. Elle ne se contente pas de faire de Cyrus le fils d'une Mède et d'un Perse, alliance qui, en définitive, ne réunissait que des parents, elle exagère tout : la mère du ftitur conquérant est une dyw, et le maître de l'Asie est tellement le fils d'une race réprouvée que sa figure en est horrible.

Comme le dit Hérodote, il est exposé dans les montagnes du nord et livré à la dent des bétes. Un berger, un Âthwya, l'homme du Taureau fort, le sauve non par instinct propre, mais contre son gré et par condescendance aux volontés de sa femme. Dès sa première enfance, son caractère impérieux et violent le rend redoutable. Il maltraite à outrance non pas, il est vrai, le fils d'un grand seigneur, mais le gouverneur chargé de lui commander, et ce crime détermine dans l'homme dont il dépend une explosion de colère qui met sa vie en danger. Ici cependant les deux récits se* séparent. Cette scène violente amène pour Hérodote la reconnaissance de Cyrus; pour Koutran, ce n'est qu'un épisode de la vie du prince destiné à montrer comment tout à coup on passa à son égard de la haine la plus vive à la plus extrême admiration.

Ferdousy a raconté que les prédictions des astrologues avaient produit les malheurs de Syawekhsh , absolument comme celles des mages déterminent la fâcheuse enfonce de Cyrus pour l'historien d'Halicarnasse. Dans Koutran, on retrouve exactement le second songe d' Astyages , celui où il aperçut une vigne qui , sortant du sein de Mandane ,

couvrait toute l'Asie. Seulement, au lieu d'être attribuée par le poëte persan au père ou à la mère de Koush , cette vision l'est par lui à Abtyn, et au lieu de désigner Cyrus, elle s'applique à Phraortes ou Férydoun. Il n'y a aucun ■ motif qui puisse permettre de discerner si c'est Hérodote ou la légende persane qui se trompe dans cette revendication. Seulement on est en droit d'affirmer avec toute certitude qu'un tel songe était considéré à une époque très-antique , parmi les populations de l'Iran , comme ayant été le prélude de l'avènement et des grandes actions, soit de Férydouu-Phraortes , soit de Khosrou-Cynis. Voici comment la version persane rapporte le fait :

Abtyn, quelque temps après son mariage avec Férareng, rêva une nuit que son fils Sewar, la victime de Koush, lui apparaissait, tenant à la main un bâton sec. Le fantôme donna à son père ce bâton , qui aussitôt devint vert, se couvrit de fleurs et exhala une odeur exquise. En même temps, de la poitrine du roi sortit une montagne qui enfonça dans la terre de profondes racines, et sur cette montagne s'éleva un arbre immense qui , chargé de feuilles lumineuses aussi éclatantes que des flambeaux, étendit au loin de tous côtés des rameaux sans nombre, et Abtyn s'aperçut que l'univers entier était abrité sous l'arbre immense. Évidemment le bâton fleuri c'était Férareng, mais la montagne issue du sein d'Abtyn était le fils qui devait naître d'elle et de lui, et l'arbre, la monarchie fécondée par le héros que la vision annonçait.

Il est remarquable que dans les trois traditions qui viennent d'être rapportées sur la naissance et les premières années de Cyrus, deux lui sont très-hostiles; la troisième seule cherche à le flatter. « C'est un métis, c'est un mulâtre, dît l'une, poussant la laideur physique jusqu'à la difformité; sa mère était d'une race réprouvée. Non, dit l'autre; bien qu'issu du sang royal par Man-

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