‹ Histoire des PersesChapitre 127 sur 192 · CHAPITRE !•'.— NAISSANCE ET JEUNESSE DE CYRUS · texte numérisé non relu

CHAPITRE !•'.— NAISSANCE ET JEUNESSE DE CYRUS

voyons reproduite, exagérée par les pages éloquentes de Koutran-Ibn-Mansour.

Mais le Shah-nameh, je le répète, mais les historiens en prose ne sont pas du tout du même avis, et la raison en est qu'ils ont puisé leurs renseignements soit dans la Perside même , soit dans les provinces de Test , dans les domaines réellement et purement iraniens. Là on voit bien que Cyrus ne descend pas de^ grands rois; on s'aperçoit bien que c'est grâce à lui seul et pour rehausser sa naissance qu'on a cherché à faire de Kaous et de son père Gobad autre chose et plus que ce qu'ils ont été réellement, c'est-à-dire des feudataires de la Perside, vassaux de la Médie. Cyrus est bien le produit d'un hymen mixte, mais sa mère est issue du sang royal de Scythie; son père Syawekhsh et non pas lui est poursuivi par les mauvais présages; mais ce prince n'est pas coupable, et la mère d'où sort Khosrou , bien que d'origine un peu douteuse , fille errante, perdue, trouvée d'une façon assez romanesque , se rattache en somme à la plus auguste souche. Bref, les excuses, les explications bénévoles, pas toujours claires , pas toujours précises , sont accumulées pour sauver la réputation des premières années du jeune prince comme celle du sang d'où il est issu. Que du côté de son père il n'y eût trop rien à objecter, c'est ce que tout le monde confesse : de ce côté-là, il appartient bien réellement à la maison noble qui gouvernait la Perside. Du côté de la mère, c'est plus douteux : une belle esclave noire, une princesse tourany, une fille de la race royale des Mèdes , il y a à choisir. Mais Gtésias nie ce dernier fait , et assure que Cyrus n'avait rien de commun avec la maison des suzerains de ses pères. Je suis enclin à être de son avis. Tout en maudissant Cyrus, les Mèdes ont dû vouloir plus tard s'en emparer quelque peu. J'admettrais volontiers que Perse, de noble extraction dans la ligne

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paternelle y le conquérant devait sa mère à l'esclavage , que c*était en efFet un bâtard , et comme l'oracle de Delphes le qualifiait de mulet, je ne serais pas non plus très-éloignë de conclure que cette mire appartenait pour le moins à une des races mëlangëes de Scytiie qui se trouvaient dans le pays.

Fut-il ou non confié dans sa première enfonce aux Gawides, comme son père .l'avait été aux descendants de Çam? Il n'y a guère moyen d'éclaircir l'un ou l'autre de ces faits, pas plus que de savoir d'une manière bien nette si la personne de ce père est réellement historique , et ne constitue pas plutôt un dédoublement de la sienne propre. Quoi qu'il en soit, il résulte de cette difficulté même que les grands vassaux du nord comme ceux de l'est, c'està-dire tout ce qui était véritablement iranien et solidement rattaché à la grande monarchie, fut dévoué à Gyrus sans aucune arpière-pensée , ne se formalisa pas de son élévation , et contribua de toutes ses forces à ses entreprises et à sa grandeur. Pour cette partie bien véritable de l'Iran et non pas pour la Médie, qui n'en était et n'en fut jamais qu'une annexe, pour l'Iran arian et à demi scythique, Cyrus fut dès sa jeunesse beau, brave, imposant, accompli, d'autant plus aimé qu'il avait été malheureux, d'autant mieux servi qu'il était le représentant essentiel de la renaissance, de la restauration de la monarchie orientale, terrible aux Occidentaux , tout entière dévouée aux intérêts de l'ancien et véritable Iran.

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