CHAPITRE IV. — ACTION DE CYRUS SUR L'IRAN. 4W
celui-ci échouait et que Cyrus f&t plus heureux, il n'aurait plus rien à prétendre. Les deux partis acceptèrent cette épreuve.
Elle tounia niai pour le candidat de Toous. A peine arrivé avec ses partisans dans le pays désigné , il y trouva un sol embrasé; les lances s'enflammaient aux mains des cavaliers; ceux-ci étaient brûlés vifs dans leurs armures, et la citadelle, planant h une hauteur extraordinaire, défiait tous les efforts, car ni Toous ni Fer-Iberz ne savaient comment s'y prendre pour aller porter la guerre dans les airs. Après avoir erré huit jours autour de ces remparts inaccessibles , ils furent d'avis que personne ne pourrait en entreprendre l'escalade , et ils retournèrent dans l'Iran , avouant leur impuissance.
Mais Khosrou-Cyrus, aidé du vieux Gouderz le Gawide, leur ayant succédé dans cette entreprise, s'avisa d'un moyen auquel ils n'avaient pas songé. Il écrivit une sorte de sommation religieuse qu'au bout d'une lance il fit parvenir au sonmiet des murs , et ces constructions magiques, incapables de résister à la force du nom de Dieu , s'écroulèrent, les feux s'éteignirent, et Khosrou-Cyrus eut la satisfaction d'apercevoir une ville immense , ornée des plus somptueux édifices, ombragée de jardins merveilleux. Il s'en empara , et lorsqu'il reparut dans l'Iran , où le bruit de sa victoire et de sa conquête l'avait devancé , il eut la satisfaction de voir venir à sa rencontre Toous et Fer-Iberz qui voulurent être les premiers à lui rendre hommage, et qui se montrèrent désormais pour toujours ses plus fidèles serviteurs.
Cette légende indique comme le récit des Grecs, et on peut ajouter comme les inductions les plus légitimes du bon sens, que l'avènement <le Cyrus au trône suprême ne s'était pas opéré sans opposition. D'une part, les suzerains mèdes de sa famille avaient résisté, parce qu'ils étaient
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blessés dans lenr suprématie ; d'autre part, des feudataires de race anciennement iranienne, des seigneurs qui avaient quelque droit à considérer leur sang comme particulièrement pur, puisqu'ils faisaient remonter leur généalogie jusqu'au libérateur Férydoun-Phraortes , avaient été choqués par la prétention d'un demi-Scythe à les gouverner. On comprend sans peine que cette noble famille récalcitrante ait été possessionnée dans le sud du Khoraçan, la terre iranienne par excellence, et celle qui avait dû échapper le mieux aux influences des invasions scythiques.
Mais il parait également que cette résistance fut de courte durée, tomba devant les premiers succès de Cyrus, et que le prétendant qu'elle avait mis en avant se rallia aussi sincèrement que ceux dont il avait été le chef. L'illustre Iberz, l'oncle de Cyrus, ou peut-être son frère, est bien cet Œbaras que Gtésias cite tout d'abord , à l'occasion de la guerre contre les Mèdes, comme le lieutenant dévoué du Grand Roi , comme un homme qui aurait pu tout se permettre sans que celui-ci songeât à le punir.
Une fois reconnu par les feudataires de l'Iran, Cyrus avait porté son attention sur l'état du pays. La débilité des derniers règnes, les constantes invasions des Scythes, les succès de ceux-ci , les conséquences des incursions qu'ils avaient poussées jusque dans le centre de l'empire, et par suite desquelles les Grands Rois avaient été obligés de renoncer à leur résidence dans le nord pour venir se mettre à l'abri auprès des arrière-vassaux de la Perside ; tous ces désastres, l'état de malaise qui en était résulté, les longues famines, la dépopulation, avaient réduit le pays à la condition la plus misérable. Cynis réunit les grands feudataires, et parcourut avec eux les provinces. Il s'arrêta dans toutes les villes et se fit rendre compte de leur situation. Il ordonna de rebâtir les constructions en ruine, fit rétablir des bourgs et des villages qui avaient