CHAPITRE y. — GÉNÉALOGIE DES FEUDATAIRES
sioDs que ces peuples tentaient dans l'Iran. Il ravagea plusieurs fois leur pays. Ses expéditions remontèrent assez haut dans le Caucase, et il fut vainqueur des Alaina. Gomme on le qualifie de roi du Rhawer, il y a lieu de penser que ses domaines descendaient dans les plaines septentrionales de TAragh jusqu'aux environs de Goum.
Garen est essentiellement le conseiller du suzerain. Férydoun ne fait rien sans avoir pris son avis. Cette situation prédominante s'abaisse un peu sous Kesbwad , fils de Garen , qui parait avoir eu beaucoup d'enfants , car le Shahnameh fait souvent mention des Keshwadyans ou descendants de Kesbwad. Mais parmi eux on connaît surtout Gouderz. Celui-ci présente pour la première fois ce nom de Gotarzès, si brillant plus tard au temps des Parthes. Gouderz releva l'autorité de sa famille , et se montra auprès de Cyrus dans la même situation que son aYeul Garen, ou pour mieux dire sans doute son ancêtre, avait occupée auprès de Férydoun.
Il ne faut pas perdre de vue que si beaucoup de générations sont oubliées dans les tables généalogiques des Grands Rois , à plus forte raison en est-il ainsi dans celles des feudataires.
Au temps de Gouderz, non-seulement la race des Gawides est puissante et nombreuse , mais elle se transforme en tribu. Â lui seul Gouderz met au monde soixante et dixhuit fils, parmi lesquels on cite Shydwesh, Gyw, Hedjyr, Ferhad et Rehham.
Le premier n'apparaît que comme porte-étendard de son père,* élevant devant lui la lance d'or où flotte un drapeau marqué d'un lion , insigne des Gawides. Dans toutes les mêlées, Ferdousy se plaît à laisser voir la figure juvénile de Shydwesh près de la haibe grise du vieux héros Gouderz.
Gyw a l'honneur d'aller chercher Khosrou et sa mère
*7t LIVRE ni. — QUATRIÈME FORMATION DE L'IRAN.
dans tout le Turkestan, de les ramener, et de préparer ainsi le plus beau moment de Thistoire de son pays.
Hedjyr possède Berdaa , du côté du Shyrwan ; Ferhad réside à Ardebyl , et par là maintient jusque vers la Géorgie la domination de la famille, que Rehbam, de son côté, fait trôner à Ispahan , plus loin dans le Rhavvrer que Garen n'était allé autrefois.
Rehham est particulièrement vanté, mais d'une telle ' façon qu'il est difficile, sinon impossible , de démêler en lui ce qui appartient au fils de Gouderz de ce qui n'est que le résultat d'un placage dont on ne devine pas bien les motifs. Les historiens musubnans tiennent beaucoup à l'identifier avec Bokhtannosr ou Nabuchodonosor. On lui fait faire toutes les campagnes de ce prince assyrien contre les Juifs; on lui attribue la destruction de Jérusalem et du temple, ce qui cadre mal avec l'histoire de Cyrus. Peutêtre Rehham a-t-il commandé quelque armée du Grand Roi en Occident. Peut-être aussi y a-t-il eu une confusion amenée par une cause qui nous échappe, entre un personnage quelconque de la Ugnée des Gawides régnant à Ispahan longtemps après Cyrus, sous Artaxerxès, et le chef perse Rehum qui gouvernait Samarie avec le titre de Beel-theêm ou surintendant des ordres royaux , et que le livre d'Esdras représente comme fort hostile au rétablissement des Juifs transportés dans leur ancien pays. En tout cas, cette confusion est curieuse, et donne la preuve que Rehham a certainement vécu sous les Achéménides. On lui attribue quatre-vingt-huit fils, tandis que Gyw, son frère, n'en eut qu'un seul, Bijen, issu de son mariage avec Banou-Koushasp , héroïne célèbre , considérée quelquefois comme la sœur et plus ordinairement comme la fille de Roustem.
Bijen eut une destinée toute particulière. Dans le cours d'une expédition au centre du pays des Touranys, il