CHAPITRE V. — GÉWÉALOGIE DES FEUDATAIRES
vit la fille d'Afirasyab, Menijeh, et en devint éperdument amoureux. Aimé d'elle jjusqu'à l'adoration, il fut surpris par le père irrité, qui l'enleva et le fit disparaître. Les champions iraniens le cherchèrent pendant longtemps, sans pouvoir découvrir ce qu'Afrasyab en avait fait. Enfin , avec le secours de Menijeh , Roustem le trouva au fond d'un puits où le roi du Touran l'avait enfermé, et opéra sa délivrance à la suite d'exploits qui, mêlés aux récits amoureux colorés d'un intérêt très-vif par les charmants caractères du jeune Bijen et de sa maîtresse , font de cet épisode une des parties les plus poétiques du Shah-nameh.
Avec Bijen finit l'arbre généalogique des Gawides tel que la légende le construit. Il n'est plus question d'eux comme grande famille féodale après Cyrus. Ils deviennent une tribu, et peut-être même se partagent-ils en plusieurs rameaux dans les domaines étendus qu'ils occupent, de telle sorte que, certains de les retrouver au nombre des nations arsaddes, nous serons impuissants à les y reconnaître.
Nous avons vu tout à l'heure qu'ils étaient alliés par le mariage de Gyw et de Banou-Koushasp à leurs puissants rivaux, les descendants de Kershasep, souverains du Zawoul et du Seystan , plus tard aussi du Kaboul , du Kashmyr et de plusieurs territoires indiens. Cette situation particulière a eu pour conséquence que la famille des Çamides a été de beaucoup la plus connue, parmi toutes les grandes maisons iraniennes, dans les royaumes brahmaniques, et il est même arrivé que la Chronique persane sait moins de choses sur les descendants de Roustem que les légendes qui se rapportent aux contrées riveraines de l'Indus.
.A part Sohrab et Fer-Amorz surtout, dont la gloire, ainsi qu'on l'a vu , a pénétré jusque chez les Grecs eux-
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mêmes, les Chroniques du pays pur contiennent peu de détails sur les fils de Roustem et sur leurs descendants. Mais les Hindous vantent encore Djehanghyr et Barzou, fils de Sobrab ; Azerberzyn et Çam II , fils de Fer-Amorz , et surtout les deux filles de Roustem , Banou-Koushasp , femme du Gawide Gyw et mère de Bijen, et Zerbanou. Ce sont les Hindous qui nous représentent ces deux filles çamides comme de courageuses amazones, telles que To*myris et Sparethra , 4ont il est assez singulier que les Grecs aient parle, tandis que les Iraniens se taisent sur elles. Cependant il est vraisemblable que Banou-Koushasp et Zerbanou sont les originaux dont Hérodote et Ctésias ont tiré leurs copies. Les exploits de ces vaillantes sœurs ont particulièrement l'Inde pour théâtre. Bradamante et Marphise n'ont jamais donné de plus beaux coups d'épée, et la tradition, dans son enthousiasme, a épuisé tous les moyens de les honorer. Les Parsys, qui semblent avoir appris à les connaître depuis leur arrivée dans l'Inde , en font en même temps que des guerrières illustres des ascètes de la plus haute austérité.
Après elles, les Çamides se continuèrent dans les deux hgnes de Fer-Amorz et dé Sobrab. La première se maintint dans le Seystan , et fournit à la chronique locale , après Azerberzyn et Çam II que j'ai déjà nommés comme fils de Fer-Amorz-Amorgès, Zal II, fils de Çam II. Ce prince se rendit célèbre chez les Iraniens, en ce qu'il abandonna la religion de Zoroastre, imposée à sa famille par les Achéménides, et revint avec toute sa noblesse et tout son peuple à la foi simple des ancêtres.
Il faut savoir beaucoup de gré à la Chronique en prose du Seystan, le Heya-el-Molouk, de nous avoir conservé un pareil détail, car il nous aidera à comprendre plus tard comment il se fit que la religion officielle de l'empire , à lu naissance de laquelle nous allons bientôt