CHAPITRE y. — GÉNÉALOGIE DES FEUDATAIRES
assister, n'ait jamais réussi à s'établir d'une manière complète, ni à se faire adopter de bonne foi par un grand nombre de populations iraniennes.
Après Zal II régna Ferrekh , son fils , dont la vie fîit à la fois glorieuse et heureuse, sans que le Heya-el-Molouk , qui en fait la remarque, explique de quelle façon. .
Tersbeh succéda à son père. Il n'accomplit rien de mémorable, et laissa la couronne à son fils Tjehrzad.
La chronique locale dit que Tjehrzad posséda en même temps le Kaboul et le Zawoul. Peut-être le premier de ces deux pays avait-il été momentanément détaché des fiefs seystanys, sous les prédécesseurs de Tjehrzad. Il fîit alors récupéré, et passa après la mort de ce prince, avec le reste des domaines, sous le sceptre de Poulad.
Poulad est seulement nommé ; mais Mehrzad , son fils , souverain comme ses aïeux du Kashmyr et du Petit-Thibet ou Ladakh, transporta sa résidence dans ces contrées, et abandonna le Seystan à son fils Roustem II.
Ici se succèdent en ligne directe et masculine les princes suivants, sur lesquels aucun détail n'a été conser^'é :
Ispehbed. Khodaygah.
Pehlewan. Shyraryan.
Gouderz-iieryn. Ilourmouzy.
Fyrouz. Shah-Fyrouz. - Ferrekhzad.
On raconte de Shah-Fyrouz qu'il fut contemporain du roi sassanide Anoushyrwan. Après lui régna, sous la domination de Khosrou-Parwyz , Nedjtiyar, dont les actions, moins obscures que celles de ses derniers ancêtres, ont fourni la matière d'un poème que je ne connais pas , le « Nedjtiyar-nameh ». Il est à croire que la conversion du héros à l'islamisme en forme le sujet principal.
Depuis l'époque musulmane, les descendants des Çamides ont continué à régner pendant quelque temps.
Mais je ne poursuivrai pas leur lignage au delà du point où je suis arrivé , et encore est-il nécessaire de faire remarquer que , comme toutes les généalogies iraniennes , celle-ci montre un caractère extrêmement suspect. Il n'est pas admissible que dix- huit noms composent une série suffisante pour remplir le long intervalle qui s'est écoulé entre Gyrus et Mahomet. Néanmoins nous avons ici la preuve que pour les auteurs persans il n'y a pas de doute à former sur la longue durée d'une souveraineté féodale dans le Seystan, ni sur ce fait que les princes de ce pays ont longtemps tenu à honneur de rattacher leur famille à la souche scythique des Çamides.
Le Heya-el-Molouk nous fournit encore une branche de ce tronc illustre à Hérat dans la ligne de Barzou, fils de Sohrab et petit-fils de Roustem. Ainsi Hérat, Haroyou, l'Aria des Grecs, avait ses princes particuliers au temps de Gyrus et sous les Achéménides.
On a vu que le Kaboul s'était réuni aux domaines directs des rois seystanys dans des temps qui précèdent de peu l'avènement de Gyrus. La maison qui y régnait semble avoir eu son origine dans quelqu'un des chefs indiens qui , aux derniers jours des Djems, guerroyèrent contre l'empire. En tout cas elle n'était pas iranienne de sang, et c'est l'occasion" d'un sarcasme dirigé contre Roustem par un de ses ennemis; car la propre mère du héros, Roudabeh, était fille de Mehrab, feudataire du Kaboul. Sous Gyrus, on trouve encore Iredj « au corps d'éléphant » , cj\ii est de cette famille et qui paraît en avoir été le dernier rejeton mâle , de sorte que ses fiefs ont pu passer dans les mains des Çamides du chef de Roudabeh. Les princes du Kaboul avaient toujours joué un rôle douteux , alliés peu sûrs ou vassaux intermittents des Grands Rois, et presque constamment en guerre contre leurs parents, les Çamides. Ainsi que ces derniers, du reste, ils avaient gardé long-