‹ Histoire des PersesChapitre 150 sur 192 · CHAPITRE V. — GÉNÉALOGIE DES FEUDATAIRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — GÉNÉALOGIE DES FEUDATAIRES

c'est-à-dire de Toous et de ses enfants, qui possédaient aussi des territoires fort riches dans le Khoraçan méridional, non loin de la grande mer Intérieure. Je n'ai pas de nouveaux détails à joindre ici à ce que j'ai déjà dit de cette famille, qui paratt avoir été une des plus purement ira* niennes, aussi bien que celle des enfants de Myiad, seigneurs de Rey, dont une branche parente avait fbumi les f^udaCaires de la Médie. Il n'y a pas davantage à ajouter à ce qui a été exposé en son lieu sur ces différentes mouvances de la couronne iranienne. Je ne vois plus à men-^ tionner que les princes du Mekran, peu célèbres, probablement médo-sémites , commandant à une population autochthone, et qui relevaient autrefois et peut-être encore alors d'Hamadan. Koush « aux dents d'éléphant » avait donné l'investiture de ces pays lointains à Menwesh ou Menweshan. Après la chute des Ninivites, ces feudataires s'étaient soumis aux nouveaux Grands Rois iraniens, qui les avaient laissés en possession de leurs brûlants domaines. Mais au-dessous des grands vassaux , de ces possesseurs de terres considérables, disposant d'une puissance avec laquelle il fallait compter, il existait encore des seigneurs ne relevant de personne que du chef de l'empire. Les contrées montagneuses fort étendues dans l'Iran, principalement la ligne immense des frontières , étaient semées d'une quantité de châteaux et de forteresses dont les maîtres étaient tout à fait indépendants, soit qu'ils dussent cette situation à la fbrce naturelle de leurs asiles, soit que des concessions royales leur eussent donné un droit positif à refuser leurs services à tout autre qu'au souverain su^ préme. On a vu que Cyrus, pour amener les Çamides à reprendre les provinces envahies par les Scythes , avait d'avance concédé le Kashmyr à Fer-Âmorz, et comme c'était surtout par des dons de cette nature qu'il pouvait le mieux encourager ses guerriers, il est à su;)poser qu'il

usa volontiers de ce moyen dans de petites proportions', de manière à s'assurer des secours moins dangereux que ceux des grands feudataires. Tout ainsi favorisait le développement de cette classe de vassaux immédiats ne relevant que du roi ; la configuration du sol , les mœurs libres et guerrières, l'état de guerre constant, l'intérêt du souverain; et de même que, dans les conditions les plus défavorables pour un pareil état de choses, le brave châtelain Seiket avait pu , sous la donunation ninivite , se maintenir dans sa forteresse des montagnes et braver toutes les attaques, de même il exista en tout temps de nombreux azadéghans ou pehlewans, de nombreux gentilshommes qui, sans beaucoup d'éclat, vivaient parfaitement maîtres d'eux-mêmes et de leurs hommes. Il ne faut pas oublier que dans un état de société aussi absolument militaire et agricole que l'était celui de l'Iran jusqu'à Gyrus, avec des sentiments de famille extrêmement forts, purs, sévères, exclusifs, un grand orgueil de race, l'unique forme de liberté possible était la féodalité. La féodalité seule reconnaît , suppose même des droits personnels , et met l'homme, sa femme , ses enfants , ses serviteurs , sa maison , tout ce qui le complète et lui donne le sentiment de sa valeur , audessus des caprices despotiques des majorités, et en dehors de l'action oppressive d'une magistrature dont les titulaires ne sont que des instruments du pouvoir absolu. L'aspect des institutions iraniennes nous a révélé la haute idée que le guerrier de la Foi pure se faisait de lui-mêine. Il était donc naturel qu'il recherchât la plus grande somme de liberté dans les circonstances d'alors, et qu'il la trouvât , comme toutes les nations^ arianes l'ont trouvée , dans une organisation accordant à chaque honune sous des règles fixes , immuables , échappant à la pression de toute volonté, ce qui se pouvait maintenir par l'emploi incessant du courage. C'était une situation violente, sans

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