CHAPITRE y. — GÉNÉALOGIE DBS FEUDATAIBES. 4Si
doute ; mais un peuple sous les armes ne hait pas et sur* tout ne méprise pas une telle situation. Il y viti y res-^ pire à Taise; il éprouve une grande satisfaction à essayer ce qu'il peut, un g^nd plaisir à faire ce qu'il veut, une tendance flatteuse à rester à perpétuité en contemplation de ses droits personnels, plus disposé à les exagérer qu'à les laisser abaisser.
Ainsi l'Iran pouvait montrer, outre les grands feudataires se partageant la possession d'une vaste partie de son territoire, outre les vassaux puissants de ces feudataires , e^ les arrière- vassaux de ces vassaux et les hommes de race noble dépendants de ces arrière-vassaux, une éhte de guerriers absolument libres qui constituaient un corps tout semblable à celui des barons et des chevaliers immédiats que le saint-empire germanique créa chez hii par des causes et sous des influences semblables.
Mais avec le temps de G y rus naquit un nouvel état de choses qui était de nature à modifier profondément les conséquences politiques de l'organisation antérieure.
Les premiers Grands Rois, issus de Férydoun-Phraortes, n'avaient pas été par eux-mêmes très-^puissants. Leurs domaines féodaux ne les mettaient pas hors de pair vis-à-vis de leurs vassaux. Si leur titre souverain leur valait l'homnaage et l'obéissance légale dans le cercle défini et assez étroit de leurs royales attributions, ils n'avaient pas les moyens suffisants pour troubler l'ordre. Les derniers de leurs successeurs , comme Zow et Kershasep, semblent avoir été tout à fait pauvres, puisqu'on voit que les territoires jadis possédés par Noouzer restèrent dans la famille de celui-ci ; ils n'eurent ni le Khoraçan méridional , ni Amol , ni les districts de la Montagne qui jadis constituaient le patrimoine propre du souverain, et forcés par les malheurs du temps d'habiter dans la Perside, qui ne leur appartenait pas , ils n'eurent à eux que leur dignité su<^
préme, et, pour la soutenir, la bonne volonté des fevt* dataires.
' Avec Gyrus cette situation chang^ea. On a observé que d*abord seigneur de la Susiane, ensuite, par droit d'hérédité , de la Perside , la conquête lui avait succassivement donné la Médie, la Lydie, toute l'Asie Minenre, puis l'Assyrie , jusqu'à la Judée , jusqu'aux firontières égyptiennes. Elle ne lui fut pas moins favorable dans l'est et le nord-est. A part les domaines qu'il concéda fèodalement à ses cbefis militaires, il reprit pour lui toutes les provinces de l'ancien Iran dont il opéra de nouveau la réunion , et dont les derniers maîtres avaient laissé les titres se d^ traire entre les mains des Scythes. Il eut le nord et l'est de l'Hyrcanie, une partie de l'Asie, laBactriane, les GHamps niséens, la Sogdiane, la Margiane, tout ce que ses prédécesseurs immédiats n'avaient pas, et il le garda. Ce ne furent plus des provinces gouvernées par des familles de princes héréditaires, mais des appartenances directes du Grand Roi; il les avait rattachées à l'empire, l'épée à la main; elles étaient à lui et rien qu'à lui. Aussi peui-on très-bien comprendre tous les présents qu'il fait dans ces régions, qui n'avaient plus d'autre propriétaire. Quand Gtésias rapporte que Gyrus en mourant laissa à son fils cadet, Tanyoxarcès, une satrapie qui s'étendait sur les Bactriens, les Ghoramniens, les Parthes et les Garmaniens, on pense assister au testament de quelque roi mérovingien fusant la part d'un de ses fils. La Bactriane, le pays des Ghoramniens, le nord tout entier des territoires qu'^avaient jadis occupés les tribus parthes , étaient , ainsi qu'on l'a vu, de nouvelles conquêtes. Le Grand Roi en disposait sans léser aucun droit acquis. Le Kerman était fort éloigné de ces régions contiguës; mais c'était une d^endance antique de la Perside , et qui jusqu'alors n'en avait jamais été séparée. Gyrus pouvait donner