‹ Histoire des PersesChapitre 152 sur 192 · CHAPITRE y. — GÉNÉALOGIE DBS FEUDATAIRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE y. — GÉNÉALOGIE DBS FEUDATAIRES

k son fils cadet ce dëœembremeDt du patrimoine de la famille. Quand ensuite il lègue à Spitacès, fils de Spitamas, le pays des Derbikkes, c'est encore , nous l'ayons vu également, un fruit de ses victoires; et le pays des Barcar nîens ou terre de Vehritana, THyrcante, c'est ce qu'il a acquis par les armes sur le rivage oriental de la Cas-r pîenne. Mais on ne trouve nulle part qu'il ait disposé d'aucune contrée pour laquelle il existât une maison régnante. Il ne lui eût pas été possible d'exécuter une pareille spoliation , et il n'eût pu la tenter que par une violence déplaisant à tous ses vassaux, grands et petits.

Quoi qu'il en soit, le Roi des rois était devenu démesurément riche. Il contre- balançait par ses posses* sions la force de ses feudataires réunis, et les provinces de l'ouest entrées désormais dans son patrimoine lui assuraient, outre l'opulence territoriale, des ressources dont son autorité allait tirer un parti bien inattendu. La constitution iranienne venait par là de recevoir une atteinte de la nature la plus dangereuse , et dont on ne verra que trop se développer les conséquences sous les successeurs du conquérant. Cependant, comme il arrive d'ordinaire, ce fot à ce moment si critique pour la vie féodale de l'Iran, qu'elle atteignit, comme je l'ai montré, par l'effet des grandes et brillantes guerres dont le règne de Cyrus fut rempli , son zénith le plus éclatant. Jamais les héros ne furent plus animés , plus nombreux ; jamais les exploits ne furent plus extraordinaires ; les succès sur^* passèrent tout ce que les âges précédents avaient célébré , et les caractères furent à la hauteur des succès.

Si le merveilleux Cyrus dépasse assurément de sa taille gigantesque tous ses compagnons , il est difficile de ne pas s'intéresser aussi à ces compagnons eux-mêmes. Les Grecs n'ont pu l'éviter, bien que ne comprenant pas ce dont il s'agissait, n'ayant aucune idée des mœurs, des notions,

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des prétentions , des passions de ces intrépides seigneurs, qu'ils se plaisaient, du fond de leurs petites villes marckandes de la côte ou de leurs obscures vallées de l'Attique et du Taygète, à considérer comme de purs bari>ares. Ils ont cependant entendu l'écho de la gloire de Fer-Amorz , du seigneur Amorz , leur Amorgès , et du dévoué parent du Grand Roi, le seigneur Iberz, leur Œbaras. Us ont multiplié les erreurs, mais ils ont pourtant pressenti la vérité ; et nous en donnerons comme preuve assez curieuse un exemple qui terminera bien ce coup d'œil jeté sur les mœurs chevaleresques de l'Iran , en mettant sous les yeux du lecteur le commentaire d'une anecdote également racontée par Gtésias et par Ferdousy.

Gtésias prétend , et je l'ai déjà dit précédenmient , que Gynis éprouvant ainsi que sa femme Amytis un grand désir de revoir Astiygas , son beau-père , qu'il avait envoyé résider en Barcanie, c'est-à-dire en Hyrcanie, Vehrkana, chargea un certain eunuque, appelé Pétisacas, de hii ramener ce roi détrôné de la Médie. Mais Œbaras conseilla à l'eunuque de perdre Astiygas dans le désert, et de l'y faire périr de faim et de soif, ce que l'eunuque exécuta. Il serait resté impuni si un songe n'avait révélé son crime à Gyrus. Amytis, furieuse, le fit saisir, écorcher vif, lui fit arracher les yeux et mettre en croix , où il expira.

Quant à GEbaras, bien que Gyrus se fikt efforcé de le rassurer en lui jurant que jamais il ne tolérerait qu'un pareil traitement lui fiit infligé , il se laissa mourir de faim après un jeûne de dix jours. Le corps d' Astiygas, retrouve dans le désert sans que les animaux sauvages y eussent touché, avait été gardé par des lions jusqu'au moment où Pétisacas était venu l'enlever.

Gette légende n'a pas le sens commun. On ne devine pas pourquoi C£baras conseille de faire périr cruellement

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