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CHAPITRE III. — LA SOCIÉTÉ ARIANE. ÎO

moins on ne le permettait que dans des limites assez étroites. Cependant, la doctrine se relâchait de sa sévérité sur certains points ; l'exploitation des mines, par exemple , a été autorisée dès l'antiquité la plus haute*. Les Scythes, les Indiens, aussi bien qiie les hommes de l'Iran, ont connu très-vite l'usage de l'or et celui du fer. En tous cas, l'autorisation était étroite, et les scrupules religieux et la crainte d'abuser des éléments apportaient des restrictions et des obstacles infinis h tout développement de métiers. Puis , comme les Arians , voués avec amour à l'agriculture, tenaient cet emploi de l'activité humaine pour le plus noble , le plus digne du guerrier et de l'homme de haute naissance, rien de plus simple qu'ils aient répugné à abandonner la glèbe pour se vouer à une œuvre de fabrication. Cette opinion , essentiellement attachée à la race, a été celle des Argiens de l'époque homérique, des premiers Romains, des Germains et de tous les gentilshommes de l'Eurojie occidentale jusqu'au jour présent, et ces derniers ont reçu un pareil préjugé de leurs ancêtres, issus eux-mêmes de la souche ariane, ou fiers de le faire croire et de se former sur ses modèles. Jamais, au contraire, préoccupation semblable n'a existé dans les sociétés sémitiques, sémitisées ou romanisées, ni, par suite, dans les basses classes des sociétés modernes, qui ont constamment approuvé , considéré avec faveur et admiration les moyens d'augmenter la richesse et le bien-être

' Cette opinion n*est pas celle du savant M. Spiegel, et il s'appuie, pour considérer le travail des mines comme emprunté aux Sémites, sur le verset 254 du chapitre VIII du Vendidad. Tout en tenant compte de la répugnance évidente et par ailleurs très-connue des Iraniens pour remploi du feu à certains usa({es, un fait parle fortement dans le sens de l'invention primitive du travail métallurgique par les Aiians : c'est que jamais les Sémites n'ont fait autant de travaux de ce genre que les Scythes, les Hindous et les jieuples de la haute Asie dans la plus haute antiquité. Les traces s'en trouvent partout, et on ne peut réellement les considérer comme des Imitations.

30 LIVRE I«'. — PREM. ET SEC. FORMATION DE I/IRAN. de rhomme, sans distinguer aucunement la valeur morale respective de ces moyens. Les industries les. plus notoirement avilissantes pour ceux qui s'y livrent , les genres de commerce les moins propres à relever le moral de l'homme, toutes les façons de spéculer sur les passions , les vices et les faiblesses des multitudes, ont plu à l'esprit de lucre et à la soif de bien-être et de faste des populations abâtardies. Le Melkart tyrien , l'Hermès grec et le Mercure italiote, n'ont jamais éprouve d'hésitation sur la manière d'augmenter le pécule.

Il est résulté de ces diversités de conscience que la seule et unique fraction de l'humanité qui ait jamais considéré le travail comme une vertu ennoblissante, qui l'ait recommandé à l'égal d'un acte religieux, qui en ait célébré dans ses livres saints toute la majesté, puisqu'elle a été jusqu'à dire que l'œuvre du laboureur avait pour effet de réjouir la terre, que la seule race , dis-je, qui ait flétri résolument la paresse comme un vice dégradant, a passé pour hostile aux occupations pacifiques , parce qu'elle ne les concevait que dans des emplois épurés, propres à conserver et à agrandir la moralité de ceux qui s'y livraient, sans jamais la compromettre ni la flétrir. Elle a aimé et vanté le travail pour lui-même, et surtout pour les conséquences heureuses qui en résultent en faveur de l'individu intérieur et des liens de famille. Elle n'a envisagé la question de gain que d'une façon secondaire. Tandis que l'autre fraction , la partie sémitique ou finnique et les populations qui en . sont résultées, depuis les Phéniciens jusqu'aux gens de nos jours, n'ayant jamais accepté la contention d'esprit et de corps que comme la vengeance la plus terrible dont le ciel ait pu s'aviser pour châtier les crimes des humains, et ayant tiré de cette doctrine le droit d'appUquer indifféremment des efforts toujours regrettés à n'importe quel genre d'occupation, cette fraction-là, de beaucoup la plusnom-

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