‹ Histoire des PersesChapitre 17 sur 192 · CHAPITRE III.— .LA SOCIÉTÉ ARIANE. 3t · texte numérisé non relu

CHAPITRE III.— .LA SOCIÉTÉ ARIANE. 3t

breuse , est tombée d'accord avec elle-même qu'elle était la plus digne de sympathie et d'éloges. .

Les Arians , Têtus de sayons de peau ou de tuniques de laine , s'asseyaient au foyer sacré de leurs maisons. Ils se nourrissaient de la chair des troupeaux et surtout de laitages, qui sont spécialement recommandés par les textes saints comme fournissant un aliment pur. Parmi ces laitages , celui qui provient de la jument était déclaré le meilleur de tous et celui que la religion approuvait davantage. Les Grecs s'étonnèrent plus tard d'en retrouver le goût chez les Scythes, ce qui est encore une marque de l'identité d'origine de ces peuples avec les Iraniens, si toutefois il est besoin de chercher des preuves surabondantes d'un fait aussi clair.

Quant aux maisons et aux forteresses , on les construisait en blocs de pierre , encustrés les uns dans les autres d'après la disposition de leurs angles. Ces blocs on ne les taillait pas, pour ce motif qu'une telle opération aurait souillé la sainteté de la pierre et celui qui s'en serait rendu coupable. C'était un poijit de dogme auquel l'Arian, dans son respect pour la nature , était obligé de s'astreindre. J'ai vu un de ces monuments du premier âge ; je n'en ai vu qu'un , et je suis porté à croire que s'il en existe d'autres, l'espèce en est, .en tout cas, devenue très-rare sur le sol de la Perse.

C'est auprès de la ville de Demawend, située à quinze ou seize lieues au nord-est de Téhéran. Cette petite cité, assurément une des plus anciennes du monde, est cachée aujourd'hui dans d'épais bouquets de saules, sur le bord d'un ruisseau assez large et d'une grande fraîcheur, au fond d'un vallon étroit et très-herbeux. De l'autre côté du ruisseau s'élève rapidement une montagne abrupte terminée par un piton, surplombant à une hauteur considérable au-dessus de la vallée.

On arrive au sommet, du côté de Torient, en montant une vaste pente assez douce s'élevant au centre d'un amphithéâtre de grandes collines. A la pointe du piton, tout a fait stérile et découverte, s'étend une terrasse de cent pas de développement à peu près , s'étendant du nord au sud , face au soleil levant. Cette terrasse est formée de blocs de rochers bruts d'une grosseur considérable, bien ajustés les uns dans les autres. C'est ime construction absolument semblable , et sans la moindre différence, aux monuments appelés en Europe cyclopéens, et je ne fais aucune difficulté d'en identifier le style et le caractère avec ce que j'ai vu au Pelasgikon d'Athènes et dans les ruines de Tyrinthe. L'aspect de force et de grandeur est largement empreint et frappant au plus haut degré dans ce monument des anciens âges , et on admire, en le contemplant, l'adresse dont les constructeurs ont usé pour utiliser des matériaux si rebelles. De ce qu'il n'y a pas de débris con* sidérables aux alentours et que les flancs de la montagne ne sont chargés d'aucun fragment roulant, on peut induire que l'ouvrage est, à peu de chose près, aussi entier qu'il le fut jamais, et que les siècles, si nombreux qu'ils aient passé sur lui, n'y ont pu mordre.

L'espace bâti est extrêmement étroit. Lorsqu'on a escaladé la terrasse, huit ou dix pieds seulement séparent de l'abime ouvert h l'autre bord. Ce n'est donc pas une fortification. Ce ne saurait être le débris d'un château. Du reste, il n'y a pas d'eau sur cette roche aride ni aucune possibilité d'en faire venir que de très -loin. On n'a donc jamais pu songer à en faire un lieu d'habitation.

La légende locale rapporte que c'était là la « Nakhor-é- Khanéh» , «la tribu ne aux tambours de Zobak v , c'est-à-dire le lieu où tous les jours, au lever et au coucher du soleil , des hommes portant des tambours et de longues trompettes

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