‹ Histoire des PersesChapitre 161 sur 192 · CHAPITRE VII. — REGNE DE CAMBYSE. M · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — REGNE DE CAMBYSE. M

siècle avant notre ère, ils n'étaient pas tes débris des royaumes héroïques en décadence. C'étaient des fils d'émigrés qui commençaient leur yie sociale, et venaient à peine de réussir à se fondre avec les aborififènes. C'est pourquoi la nouvelle femiile était jeune; c'est pourquoi elle était encore naïve et grossière. En .fait de forteresses, elle ne connaissait que celles des Pélasges ; en fait de palais , que les cabanes de tarre mal durcie au soleil, dont la réunion irrégulière formait les dèmes athéniens; en fait de temples , elle n'avait que les bois sacrés , quelques antres consacrés par la dévotion des temps, des statues inforane^ de bois ou de pierre, ou plutôt des troncs d'aii>res dégrossis et des blocs mal taillés; en feit de connaissances intellectuelles, elle se contentait de ce que des hommes mieux doués on plus curieux que les autres allaient apprendre en Asie , à Sardes , à Babylone , où la plupart du temps ils se fixaient, par manque d'estime sans doute pour leurs concitoyens; elle n'avait pas de poésie lyrique, mais une musique sauvage, les Spartiates disaient austère; et pour principal métier, ils avaient celui dont on leur sait généralement le moins de gré et dont les écrivains anciens et modernes parlent à peine : ils étaient soldats mercenaires, rivalisant sous ce rapport avec les Cariens, allant porter partout en Asie leur courage gagé. Dès le commencement du septième siècle avant notre ère, c'est-à-dire de 600 à 680, Antiménidas, frère d'Alcée le poète, avait à ce titre servi dans l'armée babylonienne. On doit admettre que les habitants du continent se vendaient de cette façon aussi bien que ceux des Iles.

Je ne parie pas de ces iles , je ne dis rien des colonies helléniques de la côte d'Asie. Sur ces points très-sémitisâ régnait une culture un peu plus avancée. Seulement l'isonomie n'existait que d'une manière imparfaite. On cédait sans résistance à l'impulsion donnée par les Asiatiques.

»0 LIVRE m. — QUATRIÈME FORMATION DE L*IRAN.

La Perse dépassait de beaucoup et de très^haut toirtes oes existences politiques. Elle était dans le monde ce que l'empire romain fut plus tard. La vraie civilisation, la grande culture intellectuelle , le vaste commerce , les plus savantes institutions et les mieux élaborées, tout ce que les religions atteignaient de plus pur et aussi de plus complexe, tout ce que la philosophie connaissait se concentrait dans ces frontières immenses, à l'intérieur desquelles s'unissaient le magicien de Ghaldée, le brahmane^ le prophète juif et l'atbrava de la Loi pure. Une seule puissance avait essayé de lutter contre cette domination , c'était l'esprit fougueux du Touran. Il avait été vaincu, disposé au loin, dépouillé de ses anciennes conquêtes, rejeté dans les déserts du nord. Tout pliait sous l'autorité qui a paru réaliser le plus complètement dans le monde le rêve de la monarchie universelle. Alexandre , comme sol* dat et comme administrateur, n'eut que la vision de cette ombre. Du reste, au temps de ce héros naissaient les Romains. Rome elle-même ne cessa jamais de regarder avec inquiétude d'abord les Parthes, ensuite les Sassanides, et d'éprouver ce que pesaient les coups des uns et des autres. A la mort de Gyrus, l'Iran se croyait incomparable dans le rang unique où la fortune l'avait placé, et le souverain de cet Iran était dans toutes les conditions voulues d'omnipotence et de sécurité pour que l'ivresse du trop plein , du trop lourd , égarant sa raison., il devint ce qu'il iîit : Gambyse.

Au dire d'Hérodote, ce prince était fils de Gyrus et de Gassandane, fille de Pharnaspes; et Gyrus avait tellement aimé cette princesse, qu'ayant eu le malheur de la perdre, il voulut que tous ses sujets en portassent le deuil. Elle était, disaient plus tard les Perses, issue du sang de^ Achéménides. Il ne serait pas impossible qu'une telle assertion ait été inventée pour rattacher la race royale

Page 1