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CHAPITRE VII. — RÉGNE DE CAMBYSE. 5t

et ne rencontrait plus d'obstacles insurmontables dans les mœurs. La domination zohakide, l'annexion de la Médie, les rapports de plus en plus multiplies avec les populations assyriennes, avaient amené ce relâchement, et il est bien curieux d'observer qu'il en fut absolument de même chez les Mérovingiens; ceux-ci, comme leurs anciens parents iraniens, circonvenus par une société très-corrompue, pervertis par la bassesse et la flatterie gallo-romaines, prirent une foule d'épouses et les prirent partout, au mépris des mœurs nationales et de la religion ; ils laissèrent aux sujets l'observance de la retenue, possédèrent des gynécées qui rivalisèrent avec tout ce que les gynécées ninivites et les villas romaines du Bas-Empire avaient pratiqué de débordements. Chez les Iraniens, chez les Franks, ce fut un droit de la royauté. Cependant l'opinion publique retint ses anciennes préventions. Ce que les souverains et les très-grands personnages se permettaient dans le déchaînement de leurs passions n'était nullement accordé à la masse du peuple, et les hommes des provinces de Cambyse, non plus que les leudes de Chilpéric, n'eussent pas supporté sans humiHa? tion et sans blâme, sans colère et sans récriminations, que leur maKre pût être ce que les uns et les autres nommaient toujours un bâtard.

Il n'y a pas de doute que le Kaous des Orientaux est bien le Cambyse des Grecs, et comme le père de Cyrus s'appelait Kaous ou Cambyse tout aussi bien que le fils du conquérant, les auteurs des annales indigènes ont pris les deux homonymes l'un pour l'autre , avec d'autant plus de facilité qu'il leur paraissait opportun et agréable de faire sortir Cyrus d'un Grand Roi, au lieu de le rattacher modestement à un simple feudataire de la Perside. J'ai déjà annoncé cette interversion de personnes et de faits, et )a comparaison du Kaous des Asiatiques avec le Cambyse des Grecs en démontre très-complètement la réalité.

Ferdousy rapporte que lorsque Kaous-Cambyse fut monté sur le trône y il s'impressionna vivement de la grandeur de son autorité, de l'étendue de ses possessions et de la richesse de ses trésors. Il se considéra comme le seul roi digne de ce nom qui fût alors, et ne connut rien qui pût lui être comparé , ni surtout qui pût lui résister.

Il était dans ces dispositions quand, un jour, un chan* teur tourany récita devant lui des vers à la louange du Mazendéran , peignit cette contrée comme un pays vraiment céleste où la terre , l'air et l'eau étaient de la plus incomparable beauté, où toutes les plantes étaient plus vivaces et plus merveilleuses qu'ailleurs, et où surtout les femmes dépassaient en grâces, en perfections et en éclat celles du reste du monde.

L'imagination de Kaous - Cambyse s'exalta en même temps que ces poétiques images lui étaient présentées; il annonça aux grands de Tempire que sa résolution était prise , et qu'il allait se mettre avec eux à la conquête d'une région si admirable.

On voit d'une manière très-claire dans ce passage de Ferdousy et dans beaucoup d'autres encore, que ce qu'il faut entendre ici par le Mazendéran n'est en aucune façon la contrée riveraine de la Caspienne, bien connue alors des populations iraniennes , immédiatement voisine du séjour des rois successeurs de Férydoun, et qui, souvent parcourue et même temporairement possédée par des bandes scythiques, n'en appartenait pas moins à l'empire. Le Mazendéran dont il s'agit, et qui représente une terre merveilleuse, aux abords redoutables, peuplée d'habitants que rien ne peut dompter, dont l'intelligence supérieure attirait constamment l'accusation de magie, est un pays lointain situé dans le nord-est, et je n'hésite pas à penser que les relations transmises de bouche en bouche à travers les nations scythiques apportaient sous ce nom à

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