‹ Histoire des PersesChapitre 167 sur 192 · CHAPITRE VII. — REGNE DE CAMBYSE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — REGNE DE CAMBYSE

Ârjenk^ et que le poëte ne nomme pas, peut-être parce qu'Arjenk n'étiiit pas hii-méme le chef suprême, soutient la guerre, et ne veut pas céder.

Kaous lui envoie Ferhad pour l'engager à se soumettre et à reconnaître sa suzeraineté. Le Mazendérany répond avec hauteur. Roùstem se rend alors lui-même auprès du prince récalcitrant, et le traite avec une dureté de paroles tout à fait conforme à ce que les ambassadeurs germaniques et ceux du moyen âge considéraient comme le devoir de leur vaillance et de leur fierté. Le roi ennemi ^ frappé d'admiration y chercha à corrompre le héros et à l'engager dans sa cause; mais un refus dédaigneux hit naturellement tout ce qu'il obtint; la bataille fut livrée, le roi^ mazendérany tué, et la nation entière s'étant soumise, Kaous fit amener devant lui les fils du prince défont, les assura de sa protection, et en ayant placé un sur le trône du pays en lui faisant promettre fidélité, il reprit avec son armée victorieuse le chemin de la terre d'Iran.

Gt^ias ne dit absolument rien , dans les fragments que l'on a conservés de son histoire, d'une expédition de Gamr byse contre les peuples du nord ; seulement , par la façon dont il raconte que ce fut ce prince qui ordonna de ramener en Perse le corps de son père et qui en chargea Bagapates , il indique suffisamment que le nouveau Grand Roi était lui-même dans ces régions , sur les frontières septentrionales de l'empire, et même au delà de ces frontières, quand son règne commença. 11 y a donc des probabilités pour que Oambyse ait eu à poursuivre cpntre les Scythes les hostilités commencées , et il faudrait faire abstraction du caractère attribué à ce prince, de soo impétuosité, de sa hauteur, de sa passion pour toute domination, si l'on voulait douter qu'il ait commencé par guerroyer contre les adversaires qu'il avait justement sous k main, et qui d'eux-^némes pouvaient très-bien être excités

par la iport de Gyrus à des espërances que Ton ne pouvait autoriser. Ainsi , tout en ne donnant pas un assen* timent direct au récit de Ferdousy, ce que nous savons de Gtésias induit à l'admettre.

Hérodote est absolument muet sur ce point , et après avoir raconté que Gambyse devint roi après son père, il dit immédiatement qu'il marcha contre les Égyptiens. Mais comme l'auteur des « Neuf Muses » avait laissé dans l'ombre de la même fkçon la presque totalité de l'action de Gyrus dans les affaires de l'Iran et vis-à-vis des nations scythiques , probablement , comme je l'ai remarqué, parce que l'intérêt g[rec ne s'y rattachait pas même indirectement , ce silence ne me parait pas suffisant pour infirmer les inductions qu'on peut tirer de la manière dont Gtésias présente son récit, et surtout des détails donnés par Fer» dousy et après lui par tant d'annalistes orientaux , détails qui se trouvent confirmés par la présence d'un certain nombre d'indications géographiques manifestement anciennes de ces territoires et déjà oubliés au temps où Ferdousy écrivait. Maintenant je reviens au texte de ce poète , qui du reste est plus complet et plus directement inspiré par les documents parsys que les récits des historiens en prose, ces derniers n'ayant fait autre «hose que de le copier avec plus ou moins d'exactitude.

Boustem, appelé souvent aussi Tehméten, a été reconnu par nous, grâce à l'anecdote de Bijen, pour le même que le Pétisacas de Gtésias, puisque « Padti-Saka» ne signifie autre chose que « roi des Sakas » ou du Seystan, titre particulier à Roustem. Du temps de Gyrus, ce héros était déjà considérable et très-baut dans l'estime du roi ; cette situation ne diminua pas sous Gambyse , car Gtésias met le chef de l'est dans les affaires du monarque tellement en première ligne, que ce ne fiit qu'après sa mort, dit-il, que Bagapates, qui lui succéda, marcha à la tète de l'armée envoyée

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