CHAPITRE vn. — RÉGNE DE GAMBTSE
contre les Égyptiens. Ainsi de fut le roi du Seystan, autre* ment dit Roustem-Tehmëten , qui devint le général préféré de Gambyse. .C'est aussi l'opinion de Ferdousy.
Aussitôt l'expédition du nord terminée, raconte le poète, le roi y de retour dans la capitale de l'Iran , distribua à ses feudataires de grandes et riches récompenses. Roustem fut surtout comblé. Un trône et une couronne semés de pierreries, cent belles esclaves aux ceintures d'or, cent chevaux de prix avec des harnachements précieux, des étoffes, des parfums , tout ce qu'il y avait au monde ^de plus magnifique lui fut donné, et enfin, comme si Ferdousy tenait à confirmer le texte de Gtésias, la souveraineté de tout le pays de Nymrouz, c'est-à-dire de tous les domaines de sa maison , de tout le pays des Sakas , lui fîit accordée, ce qui, soit dit en passant, indique que Zdt était mort sur ces entrefaites , ou bien que Roustem attachait de l'importance, ainsi que du reste cela a eu lieu dans tous les temps et dans tous les pays féodaux, à obtenir une nouvelle et solennelle confirmation des anciennes investitures.
A Tôous et à Gouderz, le roi fiefla des terres nombreuses dans le Mazendéran conquis, bien que la domination de ce pays fïit demeurée en somme à la maison régnante indigène.
Après quelque temps de repos, Kaous-Gambyse conduisit ses vassaux contre le Mekran , habité , ainsi qu'on l'a vu, par des tribus sauvages, que Ferdousy, se servant du terme consacré chez toute la race blanche pour désigner les peuples étrangers, appdie les Berbers ou Barbares. C'étaient les restes des noirs indigènes plus ou moins purs, plus ou moins taélangés, que nous avons vus aux époques primitives occupant toute la surface de l'Iran et au delà encore dans la direction septentrionale.
Tous les héros prirent part à cette expédition : Gouderz,
Toous, Feryberz, Koustehem', Kherrad, Gourghyn, Gyw; il ne faut pas perdre de vue que si la plupart d'entre eux figrurent parmi les paladins qui se sont retirés du monde avec Cyrus, c'est que Ferdousy place le règne de ce roi après celui de Kaous, ainsi que cela a été expliqué en son lieu. Tous se couvrirent de gloire dans cette nouvelle occasion. Les Berbers furent complètement soumis. Peut-être Cyrus n'avait-il pas eu le temps de s'occuper d'eux, peutêtre étaient-ils devenus turbulents et indociles depuis sa mort; ej\ tout cas, ils furent mis à la raison, et se rendirent. Kaous les traita bien, et quittant leur pays, il remonta avec ses guerriers vers le nord-ouest, traversa les montagnes qui descendent du Caucase indien , et marcha vers l'Orient.
^ Ce chemin menait l'armée dans les domaines de Roustem. Ce chef des Sakas saisit cette occasion pour donner des fêtes brillantes à son souverain et à ses compagnons. Après un séjour d'un mois, la nouvelle étant arrivée que les Arabes s'étaient révoltés et abjuraient l'autorité des rois, Kaous voulut aller faire face à la révolte.
Le poète rapporte que l'armée iranienne, pour- trouver ses ennemis, dut s'embarquer. « Le roi, dit-il, fit passer l'armée de la plaine sur la mer. v Si l'on remarque bien la position où elle était alors et le pays qu'elle occupait, il ne peut y avoir aucun doute que ce fut la grande mer intérieure, le lac Hamoun agrandi, le lac Pouytika, qui fut ainsi traversée, et voici encore une confirmation de plus , si désormais il en était besoin , et de l'existence de cette mer et de l'emploi dont elle fut dans le'parcours du plateau central de l'Iran.
Un nombre considérable de vaisseaux et d'embarcations furent construits. C'était un voyage de très-long cours qui se préparait, fait encore observer le poète; « car, dit-il, » si l'on avait dû le faire à pied sec , il n'aurait pas été