‹ Histoire des PersesChapitre 18 sur 192 · CHAPITRE III. — LA FAMILLE ABIANE · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — LA FAMILLE ABIANE

de cuivre faisaient entendre des fanfares. Cet usage , un des principaux attributs de la royauté iranienne , s'observe encore maintenant. Dans l'origine, il devait avoir un caractère religieux et était probablement destiné à saluer le soleil, quand cet astre parait sur Thorizon et quand il le quitte.

La terrasse de Demawend était donc un édifice voué au culte des premiers colons arians de la contrée , et elle offre un précieux exemple de la façon dont ceux-ci pratiquaient Fart de construire. D'après ce que Ton voit encore des œuvres de leurs parents d'Europe , on s'imagine assez quelles masses énergiques et rudes devaient présenter les forteresses et les enceintes, et quelle majesté éclatait dans ces créations de la force.

Pour défendre de tels retranchements contre les attaques des autochthones et pour opérer la conquête du pays , la légende n'attribue d'abord aux Iraniens que des armes de bois et de pierre. A tout ils préféraient l'arc, et les Scythes, comme les Hindous, étaient du même avis. Parmi les outils de guerre , c'était le plus noble et celui auquel était confié particulièrement l'honneur national. Cette idée ne s'éteignit jamais. Les Achéménides se firent honneur d'y rester fidèles, et Eschyle, interprète magnifique de leur pensée , . montre Xerxès o avec le regard sanglant et enflammé du dragon bondissant pour saisir sa proie» , quand o il pousse les armées, les flottes et les chars de guerre de » l'Assyrie vers la bataille où les flèches doivent l'emporter » sur les lances. » Les Parthes, comme leurs prédécesseurs, mirent un archer sur leurs monnaies. Les Grecs avaient la plus haute opinion de l'arc arian, et Hérodore d'Héraclée rapporte qu'Hercule en possédait un de cette espèce dont le Scythe Teutar lui avait appris le maniement ' . Il est probable qu'aux premiers temps les flèches étaient

< Herodokos, p. S9, éd. Dîdot.

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armées de silex ou d'os pointus et affilés. En outre , les Arians se servaient à la chasse , et sans doute aussi à la guerre, de cette longue corde à nœud coulant que Ton appelle « lasso » dans le nouveau monde et qu'ils nommaient « çnavara » . Ils portaient sur l'épaule la massue , restée chez les Grecs anciens attachée au souvenir héroïque d'Hercule. Enfin , ils se couvraient de cuirasses fabriquées avec le cuir des tigres et d'autres bétes de proie.

Ils possédaient certainement des chevaux, puisqu'ils se nourrissaient de lait de jument. Cependant ils employaient aussi les taureaux et les vaches non-seulement comme bétes de charge , mais comme montures. Les guerriers fameux des temps primitifs sont dépeints par la tradition chevauchant sur des taureaux. Cet usage s'est conservé dans quelques parties de la haute Asie, et notamment dans celles qui confinent au Thibet. Les voyageurs modernes parlent des taureaux de selle comme d'animaux vifs, alertes, difficiles et pleins de feu. Au moyen âge , vers le huitième siècle de notre ère , il existait dans les montagnes de Rey une tribu appelée Gaw-^éwaran, « les cavaliers montés sur des taureaux », et j'ai vu souvent dans cette même région (la vallée de Lâr et plusieurs autres parties de l'Elbourz) des nomades et leurs familles voyageant de cette manière. La race des bétes à cornes employée de la sorte par les Arians appartenait à l'espèce bossue que les Persans actuels nomment « boeufs du Seystan » , et qui se montre sur quelques espèces de dariqueset sur beaucoup de pierres gravées et de monnaies arsacides. Ce sont des animaux à formes délicates et dont l'œil est brillant d'intelligence.

Dès cette époque même on voit les chars de guerre, machine assez compUquée et qu'on ne s'imagine pas aisément avoir roulé dans des contrées montagneuses et à tout le moins privées de routes. Aussi serais-je porté à

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