‹ Histoire des PersesChapitre 170 sur 192 · CHAPITRE VII. — RÉGNE DE GAMBYSE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — RÉGNE DE GAMBYSE

Ici il semble y avoir une confusion ^ et comme nous avons relevé plus haut les fautes de ce genre commises par Hérodote, nous en ferons autant pour celles de Ferdousy . On a déjà retrouvé sans doute dans cette histoire * du mariage de Kaous-Gambyse avec la fille d'un roi arabe qui, ainsi qu'on va le voir tout à l'heure, amènera les conséquences les plus graves , l'anecdote du médecin d'Amasis conseillant au même Gambyse de solliciter la main de la fille de son roi. Quand Amasis' reçut cette demande, il tomba exactement dans le même désespoir que le roi du Hamaweran en pareille circonstance ; seulement il imagina , au lieu de marier sa propre fille à son dominateur, d'user de ruse, et d'envoyer à sa place Nitétis, fille de son prédécesseur Apriès, et fort belle également. Gelle-ci, comme la princesse arabe de Ferdousy, se montra affectionnée à son mari , l'aveKit de la tromperie dont il était l'objet, ce qui détermina Gambyse a marcher contre l'Egypte, afin de punir Amasis en le renversant.

J'ai déjà dit que, tout en racontant cette anecdote, Hérodote ne s'en fait pas le garant , car il donne encore immédiatement une autre version. Quant à Gtésias, il ne sait pas un mot de cette histoire. Amasis n'existe pas pour lui comme roi d'Egypte, mais bien Amyrtée. Get Amyrtée n'a pas de médecin que Gambyse lui demande pour guérir ses yeux malades, comme le rapporte Hérodote, mais bien un eunuque nommé Gombaphée, qui se trouve avoir tout pouvoir sur le roi , et qui en abuse pour livrer à Gambyse les ponts, on ne sait trop quels ponts. Gombaphée est le cousin d'Ixabates, tin des ministres favoris du Grand Roi; il s'est laissé corrompre par cet Ixabates, qui lui a promis, en récompense de sa trahison , le commandement de toute la cavalerie égyptienne. 11 n'est pas question de mariage , il n'est pas question de fille royale.

54t LIVRE III. — QUATRIÉBfE FORMATION DE I/IRAN.

On ne saurait trop constamment se mettre devant les yeux la façon dont Gtésias et Hérodote surtout ont composé leurs livres. Ce n'est pas en compulsant, en coordonnant des renseignements écrits , datés , précis , mais en re> cueillant des conversations et en cousant des anecdotes les unes au bout des autres. On conçoit sans peine qu'une pareille méthode ne puisse pas donner des résultats bien régaliers. De son côté, Ferdousy a travaillé sur des documents positifs; mais ces documents , produits par des remaniements nombreux , traduits et retraduits d'une langue dans une autre, souvent incomplets, souvent mutilés, ont dû également prêter à des erreurs, et c'est ainsi que le roi du Hamaweran ou Havran , possesseur de Shaheh , qui semble bien indiquer ici Sais , la ville égyptienne du Delta, parait avoir été confondu avec un roi d'Egypte, à moins que ce roi ne soit à identifier avec l'Amyrtée, connu du seul Gtésias , et ne représente un roi arabe possessionné à cette époque dans une partie du Delta , ce qui n'est pas en dehors de toute possibilité.

Quoi qu'il en soit, et pour continuer le récit, Kaous- Gambyse arriva à Shaheh ou Sais, où il s'était rendu malgré l'opposition de sa femme Soudabeh , et il fut d'abord reçu et traité avec l'hospitalité et les respects qu'il avait droit d'attendre. Mais une nuit les troupes arabes attaquèrent subitement les Iraniens. Les Barbares, que l'on croyait dans leurs déserts, se présentèrent tout à coup pour aider les hommes du Hamaweran. 6yw, Gouderz^ Toous, Gourghyn, Zenkeh, tous les chefs iraniens furent saisis et enchaînés, et Kaous lui-même éprouva le même sort. Il fut aussitôt envoyé avec ses compagnons de malheur dans une forteresse située au somm^ d'une montagne isolée et dont la garde était confiée à une garnison de mille hommes d'une valeur éprouvée, et dans cette seconde captivité, il n'eut plus qu'à déplorer l'inconsistance de

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