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CHAPITRE VII. — RÉGNÉ DE GAMBYSE. fM

son jugement et son imprévoyance qui le faisaient tomber en de telles disgrâces.

Aussitôt que la nouvelle de ce qui venait d'arriver se fut* répandue, les ennemis de Tlran dressèrent la tête. Ils prirent les armes, on n'entendit plus que tumulte, et les Scythes, franchissant la frontière, menacèrent de nouveau d'envahir l'Iran. La nation effrayée se tourna vers le seul homme en qui elle avait confiance. Roustem fut suppUé de sauver l'empire. Il mit immédiatement ses Seystanys sur pied, et traitant l'invasion scythique comme chose secondaire , bien qu'elle menaçât plus directement son propre pays de Nymrouz , il s'occupa d'abord du sort du roi.

Je remarque, en ce qui concerne les Scythes, que le nom d'Afrasyab étant là prononcé par le poëte, il s'agit des Gètes, c'est-à-dire des populations de l'est, et comme elles avaient été très-maltraitées et rejetées très-loin par les guerres précédentes, elles devaient disposer d'assez peu de forces pour expliquer le dédain de Roustem , malgré la proximité de leurs attaques.

Le PaYti-Saka informa Kaous de sa prompte arrivée , et l'engagea à avoir bon courage. En même temps, il écrivit au roi du Hamaweran pour lui reprocher sa lâcheté et sa perfidie, et lui promettre que le même homme qui avait su triompher des difficultés de la guerre du Mazendéran saurait encore venir à bout de lui.

L'effet suivit bientôt la menace. Les hommes du Zawoul rencontrant l'armée du Hamaweran la battirent, et elle s'enfuit en désordre. Le roi démoraUsé appelle à son secours les Berbers, ses alliés, et les Égyptiens. C'est la première fois que Ferdousy mentionne ces derniers comme intéressés dans cette guerre , et là évidemment se trouve pour lui et pour la Chronique persane le motif qui amena les Iraniens contre leur pays. A ce point de vue , qui parait

fort raisonnable, Kaous-Cambyse conquit TÉçypte parce que l'Egypte avait prêté son aidç aux Arabes ennemis de riran , et ceci rentre tout à fait dans ce que nous avons déjà dit de la triple alliance des Lydiens, des Babyloniens et du gouvernement de TÉgypte, au moment des conquêtes de Cyrus en Occident.

Quoi qu*il en soit, les Égyptiens s'étaient rendus aux raisons alléguées par le roi du Hamaweran et avaient pris son parti. Celui-ci reforma ses troupes, et se présenta de nouveau contre les Iraniens, appuyé de ses deux alliés.

Une bataille se donna sans résultats décisifs ; mais dans une troisième rencontre, la victoire des Iraniens fot complète : le roi des Barbares fut fait prisonnier avec quarante de ses principaux chefs; le roi d'Egypte, assailli par Boustem en personne, essaya vainement de résister à cette force surhumaine, et recevant sur le crâne un coup de l'épée de son adversaire, il tomba à bas de cheval, fendu jusqu'à la moitié du corps. Le carnage était effroyable; des monceaux de morts s'entassaient sur la plaine, et le roi du Hamaweran épouvanté voyait tomber de toute part et ses soldats et ses amis. Il fit dire à Boustem qu'il renonçait à la résistance, rendait la liberté à Kaous, et le renverrait comblé de présents ; il ne demandait que la paix et le pardon du passé, promettant soumission et dévouement absolu à l'Iran.

Ces propositions furent acceptées. Le Hamaweran, l'Egypte, le pays des Barbares, devinrent des possessions de l'empire, et Kaous, rétabli sur le trône, convoqua fes troupes de ces nouvelles provinces pour faire avec elles dans l'Iran une rientrée qui pût effacer jusqu'au dernier souvenir de sa légèreté et des malheurs auxquels ce défaut l'avait exposé. Il voulait reparaître dans ses États nonseulement au milieu de ses feudataires délivrés comme lui, non-seulement avec le Païti-Saka et les Seystanys, aux-

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