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CHAPITRE VII. — REGISE DE CAMBYSE

père du conquérant. Elle s'est vue alors à la fois dans la nécessité de refuser un fils à Cyrus et de ne pas savoir quand et comment Gambyse, le Gambyse vraiment connu de l'histoire , était mort. Dans les pages du Shah-nameh qui suivent ce qui vient d'être dit, il s'agit pendant quelque temps encore des exploits particuliers de Roustem contre les Touranys, puis vient l'histoire de Syawekhsh , père de Gyrus, dans laquelle Gambyse joue un rôle tellement passif et débonnaire, qu'on ne le reconnaît plus. Il est évident que là oh se trouve en face de cet autre Gambyse qu'Hérodote a représenté, bien que de profil, mais sous les mêmes traits, en qualité de mari de Mandane. Voyons maintenant ce que les Grecs ont su de Gambyse, fils de Gyrus.

Gtésias nous montre d'abord ce prince très-fidèle aux dernières volontés de son père, et administrant l'empire suivant les règles fixées. Il a auprès de lui pour conseillers intimes : Artasyras d'Hyrcanie, dans lequel nous avons cru reconnaître le chef de la maison des Arsacides ; Ashkesh, possessionné dans ce pays; Ixabates, assurément un titre et celui de « Oushya-pati », « le chef, le seigneur,*Ie roi des Uxiens » . Gette tribu habitait la Susiane, et devait donc relever directement de Gambyse comme feudataire de cette province en même temps que Grand Roi ; dans Bagapates, nous trouvons de même le « Bagouspati » ou « roi de Bagous » dans l'Aria, probablement Toous, seigneur de cette partie du pays; enfin Aspadates était un des serviteurs du Grand Roi , et comme il s'agit ici probablement du titulaire d'une des charges de la cour, et qu' Aspadates semble vouloir dire « l'écuyer », il se peut que Gtésias ait raison de faire de ce dernier personnage un eunuque. Sur les sculptures , l'écuyer royal est en effet de cette condition.

J'ai déjà indiqué que Gtésias passe sur tous les faits de

la vie de Gambyse pour ne s'occuper que de l'Ég^ypte, non qu'il ignore que le fils de Gyrus a accompli d'autres actions , mais parce que celle-là seule l'intéresse ou lui est suffisamment connue. C'est au début de cette campagne que meurt le Païti-Saka , Roustem. Les Persans ne sont pas de cet avis , et nous verrons encore ce héros figurer longtemps après. Quoi qu'il en soit, à la place de Boustem , Gtésias place désormais le chef du Khoraçan oriental, Toous, le Bagous-pati, Bagapates, et le nomme comme chef de l'armée iranienne opérant en Egypte. Suivant lui , ce n'est pas à son mérite que les Perses doivent leur victoire, mais à la trahison de l'eunuque favori du roi des Égyptiens, Gombaphée, qui était cousin de l'Oushyapati ou Ixabates, ce qui parait assez peu vraisemblable. Ce Gombaphée voûtait être général de la cavalerie égyptienne; son parent et ensuite Gambyse le lui avaient promis. Il livra les ponts et les passages ; mais il n'y en eut pas moins une bataille vigoureusement disputée , et si les Perses la gagnèrent, ils y perdirent vingt mille des leurs contre cinquante mille indigènes qui restèrent sur la place. Le roi vaincu fut fait prisonnier. Gambyse le traita généreusement , et l'envoya à Suse, où il lui fixa sa résidence, lui donnant un grand état de maison, et six mille serviteurs égyptiens dont il lui laissa le choix. C'est ainsi que Gyrus avait agi envers Astyages et Grésus.

Gtésias appelle Amyrtée le prince dépossédé, et ce nom, inconnu d'Hérodote, n'a absolument rien d'égyptien; mais en revanche il est arabe, c'est « Émyr » ou «Amyr^tay» , «le chef du désert» , et précisément de ce désert où les Israélites errèrent pendant quarante ans à leur sortie de l'Egypte. Ainsi nous nous trouvons avec Gtésias non pas dans l'histoire de l'Egypte, mais bien dans celle du Hamavi^eran ou Havran, et il y a ici une confiision analogue à l'erreur qui a porté Ferdousy à attribuer

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