CHAPITRE VII. — BÉGNE DE CAMBYSE
s'être appelé réellement dans sa langue naturelle « Beshyr >» , « l'agréable, l'accueillant » .
Cependant, à la suite de la coqquéte de l'Egypte, les Phéniciens et les populations de la côte syrienne comprenant que désormais il n'y avait pour elles aucune chance de succès à lutter contre la puissance des Perses , s'étaient soumises volontairement au Grand Roi. A dater de cette époque , les Perses possédèrent une flotte dans la Méditerranée. Gambyse voulut s'en servir pour soumettre Carthag[e; mais les Phéniciens lui firent observer qu'ils étaient liés à ce pays par le sang , par des cultes communs , par des intérêts tels , que c'était trop exiger d'eux que de vouloir les employer à lui nuire. Le Grand Roi se rendit à ces raisons. Il retira ses ordres, content d'avoir acquis au delà de la mer la souveraineté de Chypre, qui avait agi comme les Phéniciens , probablement à cause des liens ethniques unissant ses habitants à ceux des villes maritimes sémitiques, qui d'eux-mêmes s'étaient placés sous le joug.
Vers ce temps-là , les actes de folie que le Shah-nameh déclare s'être manifestés chez Cambyse se montrent également dans le récit d'Hérodote. Le roi fit une expédition insensée contre les Éthiopiens d'Afrique, eteutgrand'peine à ramener les débris de son armée, fondue avant même d'avoir atteint les frontières du pays ennemi. Un corps de troupes envoyé contre l'oasis d'Ammon périt tout entier, et on n'en eut jamais de nouvelles. C'est ainsi que les entreprises mal combinées de Kaous trouvent leur reflet dans l'historien grec.
L'impiété de ce prince n'y est pas moins caractérisée par la façon brutale dont il s'en prit au dieu égyptien Apis. Il le frappa de son poignard , et le taureau sacré mourut de cette blessure. Mais la Chronique persane, qui après tout ménage tant qu'elle peut la mémoire de Kaous , ne lui reproche pas positivement de crimes. Il n'en est pas de
même des Grecs : ceux-ci lui en attribuent un nombre plus ou moins considérable; ils font de lui dans les derniers temps de sa vie un véritable frénétique. Je ne dis rien du meurtre de son frère , dont je parlerai plus tard avec détail; c'est assez de rapporter ici les autres emportements auxquels Gambyse se livra.
Il fit violer le tombeau d'Amasis, et en ayant arraché le cadavre royal, il le fit jeter dans le feu. C'était une monstruosité aux yeux des Perses , et si les Égyptiens étaient déjà autorisés par sa conduite envers Apis a le considérer comme un sacrilège, ses propres sujets avaient le même droit désormais.
II avait épousé ses deux sœurs. Hérodote prétend que c'était une nouveauté. Il se trompe évidemment, et en assurant que les juges royaux décidèrent, sur la demande de Gambyse, que si une telle alliance n'était pas légitime en elle-même , elle le devenait par cela seul que le roi la voulait, il commet une seconde erreur plus forte encore que la première. S'il avait réfléchi quelque peu avant de raconter une pareille absurdité, il aurait compris lui-même que dans un pays dont il savait que les lois étaient immuables, c'est-à-dire absolument hors de l'atteinte delà volonté du souverain, il ne pouvait pas être question d'un principe tel que celui qu'il fait émettre aux juges royaux.
Gambyse avait donc épousé ses deux sœurs , et il tua , dit-il , la plus jeune en Egypte , parce qu'elle montra ses regrets pour son frère assassiné.
Ensuite il perça d'une flèche le fils de Prexaspes , pour prouver au père son adresse. Ge Prexaspes, dont le nom parait avoir été, dans la langue zende, Pouroushaspa , remplissait auprès de Gambyse des fonctions d'une extrême importance , puisqu'il était chargé de lui présenter toutes les requêtes.
Une autre fois, il fit enterrer vifs, la tête seule dehors,