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CHAPITRE III. — LA FAMILLE ARIANE

croire que ce n*était pas dans sa rapidité que le char de guerre des premiers Iraniens avait son principal mérite. Il ne faut peut-être pas se le fiçurer pareil aux véhicules légers figurés sur les sculptures assyriennes, et dont la Bible, comme TlUade, a célébré les exploits. C'était plutôt la maison roulante du Scythe , couverte d'un toit d'osier, et où s'abritaient avec la famille de TArian voyageur , les provisions , les meubles , les ustensiles que le guerrier emportait avec lui. Par sa pesanteur même, par sa force, cette masse passait partout. Elle servait de rempart aux retranchements provisoires; elle était elle-même une forteresse ambulante du haut de laquelle les hommes de chaque famille repoussaient leurs ennemis. Ses roues ne volaient pas encore à travers des nuages de poussière; elles marchaient et tournaient sans s'arrêter et écrasaient sous leur poids les résistances. C'était aux flancs de cette demeure ambulante que s'attachaient les étendards bariolés dont parlent les Védas, et qui déjà alors étaient des signes d'honneur et de puissance.

On vient de contempler l'émigrant arian entouré des siens, menant ses troupeaux gardés par ses chiens, couvert de ses armes , guidant ses chariots , voyageant sous ses étendards ; on aperçoit distinctement les hommes grands , blancs, blonds, aux yeux bleus, à l'aspect belliqueux et fier de cette race aventureuse. De mœurs austères, mais dure et toujours avide de lutte et de conquête , on n'est pas étonné d'apercevoir chez elle, dès l'abord, deux passions peu retenues qui furent partout et toujours ses traits distinctife. Les Iraniens, connue les Hindous, comme les Scythes, comme les Achéens, comme les Germains, comme les Scandinaves, aimaient l'ivresse et les jeux de hasard. Ils se livraient avec furie à ce double égarement. Pour les jeux de hasard, les Védas d'une part, les Sagas de l'autre, nous en parlent assez; mais l'amour des bois-

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sons spiritueuses s'est marqué d'une manière plus curieuse encore.

Parmi les choses les plus vénérées et les plus vantées dont fassent mention les mythologies des peuples blancs , on trouve chez les Grecs une boisson divine, l'ambroisie; chez les^Hindous, l'ararita, dont le nom parait être une forme peu différente du même mot; chez les Scandinaves, c'est la bière céleste des dieux, et que les dieux brassent eux-mêmes avec un soin tout spécial ; chez les Arians-Iraniens, le homa , que les Arians de l'Inde connaissent aussi sous le nom de soma.

Le homa est une plante qui croît dans le Turkestan actuel, l'ancienne Sogdiane, la Bactriane, et dans les régions situées plus au nord , séjour primitif des Arians. On en trouve aussi sur les montagnes du Kerman. La botanique la connaît sous le nom de « sarcostema viminalis V . Lorsqu'on en mêle les tiges ou pousses pulvérisées au lait caillé, à la farine d'orge ou à une céréale appelée par les Hindous « nivara » ou « trinadhanya» , qui pourrait être du riz sauvage, et qu'on laisse ensuite fermenter - le liquide qu'on en extrait, on obtient un breuvage fort et enivrant, considéré comme sain, rtutritif et propre à donnera la fois de l'énergie et de la durée à la vie; c'est d'après cette idée -que les dieux du panthéon hindou, grands amateurs du soma ou amrita, se réjouissent d'en faire usage.

On peut comprendre d'après ce récit comment les Arians-Hellènes ont tantôt considéré l'ambroisie comme un mets , ce qui ressort du texte d'Homère, tantôt comme une boisson , ce que l'on voit par Alkman et par Sappho. Une boisson faite de plantes triturées et de graines quelconques devait naturellement laisser un marc propre à servir de nourriture.

De même que les Arians -Hindous ont deux ma-

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