CHAPITRE VIII
LA MORT DE CAMBYSE ET LES ÉVÉNEMENTS QUI l'âCGOMPÂGNÈRENT.
Gtésias fournit peu de renseignements sur les membres de la famille royale réunis après la mort deCyrus autour de Gambyse^II se borne à nommer un frère cadet qu'il appelle Tanyoxarcès, et auquel le conquérant avait laissé, comme il a été dit plus haut, la seigneurie de la Bactriane, celle des Ghoramniens, des Parthes et des Garmaniéns, le tout libre de redevance à l'égard du Grand Roi. G 'est tout ce que raconte Gtésias. Mais Hérodote et Justin donnent pour frère à Gambyse Smerdis , que le dernier appelle
Gomëtès, forme latine du nom iranien de Gobad porté par le grand-père de Khosrou-Cyrus. Hérodote montre ce Smerdis figurant dans la suite du Grand Roi pendant l'expédition contre TÉgypte. Plus tard , il fiit renvoyé à Suse. Il n'est pas question qu'il ait régné dans le nord. Outre son frère Smerdis, Gambyse avait quatre sœurs de père, dont deux devinrent ses épouses.
Le nom de Tanyoxarcès, attribué au second fils de Cyrus par Gtésias, n'est nullement un obstacle à ce que celui de Smerdis, Gométès ou Gobad, soit authentique, car Tanyoxarcès n'est autre que le titre de « Daynhukhshathra », « roi des provinces » , parfaitement convenable pour un grand feudataire du sang royal, et sous cette qualification, un nom propre a dû exister qui n'a pu, suivant l'usage le plus ordinaire des Iraniens, s'éloigner du cercle des choix déjà faits dans la famille ; comme le père de Gyrus s'appelait Gambyse, et aussi l'aîné des fils de ce prince, il est naturel que l'on ait nommé le second Gobad, Gométès ou Smerdis, toutes formes diverses d'un même mot, et emprunté au souvenir de l'aYeul.
Au dire d'Hérodote, le « Roi des provinces » ayant suivi Gambyse en Egypte, eut le malheur de s'y distinguer par un exploit qui lui devint fatal. Les Ichthyophages avaient présenté au monarque perse, de la part du roi des Éthiopiens, un arc d'une force extraordinaire, avec le défi de le tendre. Gambyse, en effet, malgré sa vigueur ne put y parvenir; mais le Roi des provinces réussit à deux doigts près.
Gambyse, transporté de jalousie, fit aussitôt partir son frère pour Suse. Mais probablement la forte et malveillante impression qu'il avait reçue du mérite du jeune prince continua à le préoccuper en secret, car une nuit il rêva qu'un courrier venait lui annoncer en toute hâte de la part des Perses que Smerdis, assis sur le trône royal, était