‹ Histoire des PersesChapitre 188 sur 192 · CHAPITRE VIII. — MORT DE CAMBYSE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. — MORT DE CAMBYSE

noms iraniens et cependant ne pas appartenir à cette nationalité.

Les obscurités du récit d'Hérodote s'éclaircissent. sensiblement par cette seule remarque. Des prêtres mazdéens ne sont pas possibles à Tépoque de Gambyse; mais des* prêtres quelconques non iraniens le sont parfaitement, et du moment que des gens de cette dernière espèce ont pu porter des noms perses sans être Perses eux-mêmes, et, bien plus, ont dû le faire; du moment qu'ils étaient au service du roi, il n'y a plus de difficulté : ceux dont il s'agit ici, ce sont des Chaldéens; nous pouvons en être sûrs. Hérodote, Gtésias, toute l'antiquité grecque et la plus grande partie des historiens modernes ont absolument confondu deux sacerdoces qui ont de la ressemblance sans doute , mais qui diffèrent par ce qu'il y a de plus essentiel; ils n'auraient jamais consenti à se laisser considérer comme identiques, pas plus que les prophètes hébreux et les sages de Ninive , ou que les ecclésiastiques catholiques et les pasteurs de l'Église protestante, dont les dogmes principaux sont assurément les mêmes.

Les prêtres chaldéens, au temps de Gambyse et bien avant, formaient un corps; ils étaient puissants et nombreux; ils étaient à la tête d'adhérents dévoués; ils dirigeaient beaucoup de consciences ; ils pouvaient échauffer, exciter les imaginations et faire mouvoir beaucoup de bras; enfin ils représentaient bien les populations sémitiques si nouvellement rattachées à l'empire, et qui renfermaient dans leur cause celle des colons grecs de l'Asie Mineure; ils constituaient toute l'intelligence, toute la science, toute l'activité morale des Babyloniens, Syriens, Lydiens., Phrygiens, Gariens, qui se sentaient humiliés et blessés par la conquête iranienne, et qui ne comprenaient quoi que ce fût aux institutions et aux formes sociales de maîtres si di£Bérents de ce qu'ils roM. I. 37

étaient eux-mêmes, et qui leur apparaissaient en toute sincérité comme des barbares, quoique nous ayons vu qu'en somme les vaincus fussent très-doucement traités par ces conquérants.

En considérant les choses de cette manière, il devient compréhensible et tout à fait conforme au développement naturel des faits, que la mort de Gambyse, de ce prince à moitié fou, qui avait dû effrayer et scandaliser étrangement les sujets occidentaux, ait déterminé chez ces derniers des tentatives pour se délivrer de la suprématie iranienne. Le Grand Roi ne laissait ni fils ni frères, la race de Gyrus finissait avec lui; c'était un moment favorable. Je dis que les Assyriens devaient le saisir; j'ajoute <|ue, seuls, ils pouvaient désirer une révolution, et que les Mèdes n'étaient aucunement poussés à éprouver des tentations semblables.

Les Mèdes, vassaux directs de l'empire, y étaient rattachés depuis longtemps. Dans toute leur histoire, ils n'avaient jamais eu qu'une position subordonnée, d'abord vis-à-vis de Ninive, ensuite d'Amol. La supré- OMitie était toujours restée au-dessus de leur portée ; pourquoi l'eussent-ils réclamée alors? G'était une population mixte. Elle pouvait être plus ou moins dévouée, mais elle n'avait pas à beaucoup près l'homogénéité qui faisait la force des sujets sémites et grecs et qui aussi explique leur irritation. Elle n'avait aucun motif de nourrir la même malveillance et les mêmes ambitions.

Est-ce à la faveur d'une ressemblance fallacieuse avec le fils cadet de Gyrus que la tentative de s'emparer de la couronne fut conduite? On ne saurait rien décider là-des^ sus. Les auteurs orientaux n'en parlent pas; ils traitent cette partie de l'histoire perse d'une autre manière qui va être exposée tout à l'heure. Acceptons donc ce qui ne se peut contrôler, et laissons régner le faux Smerdis à la place

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