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CHAPITRE VIII. — MORT DE CAMBYSE

près d'Eschyle; il nomme Artapbernes et ne connaît pas Intaphernes. Seulement, au lieu de sept conjurés, il en a neuf, et les deux derniers, Artasyras et Bagapates, jouent un rôle considérable dans l'événement : d'abord ce sont les deux personnages les plus puissants de la troupe, ils ont mis le mage sur le trône; puis ils sont maîtres du palais , et ils introduisent leurs complices jusqu'au lit du tyran.

Il est encore à relever que quatre noms cités par Ctésias, en laissant à l'écart Artasyras et Bagapates, n'ont pas leurs analogues dans la liste d*Hérodote; ce- sont : Onuphas , Norondabates , M ardonius et Barissès.

D'Onuphas je ne saurais rien faire, et la physionomie du mot semble plutôt sémitique qu'iranienne. Norondabates pourrait cacher un des noms fournis par Hérodote, car c'est un titre : « Norounda-pati » ou a Nabounda-pati » , a seigneur de Nabounda » , pays situé vers Tembouchure de l'Indus, près de la Pattalène; mais ceci est une appropriation peu probable. De même Mardonius pourrait être et plus vraisemblablement le « Mardana-khshathra » ou « Mardan-shah », « le roi de la Mardène » , contrée de la Perside; alors ce roi aurait encore porté un des noms propres fournis par l'historien d'Hahcarnasse. Enfin Barissès n'offre d'autre remarque que d'être une forme probable du nom connu de Yaranes, qui ne sert à rien ici.

Au fond , et malgré tous les efforts que l'on pourrait tenter, les deux listes de conjurés ne concordent ni en nombre ni en désignations de personnes. Je pense qu'il est prudent de les considérer comme suspectes et assez légendaires l'une et l'autre, et de s'en tenir à la seule impression que l'intrus chaldéen fut renversé par une conjuration des nobles- iraniens, parmi lesquels figurait Artaphrenès.

Mais il est possible, si nous voulons suivre Eschyle, que la parfaite entente entre les conjurés n'ait pas continué

après la victoire ; qu'un certain Maraphis ait d'abord pris la couronne pour un temps plus ou moins long ; qu'Artaphrenèsy qui y avait plus de droits que lui, Tait renversé; qu'ensuite soit venu Darius. Peut-être toutes ces révolutions successives, ces déplacements qui ne sont pas rares dans les moments de grande émotion , où l'on sait qui l'on ne veut pas, mais beaucoup moins nettement qui l'on veut, n'ont-ils pas occupé un bien long espace de temps. A considérer ce qui se passe lorsqu'une dynastie aimée se termine brusquement et qu'on ne sait à quel chef obéir, je suis tenté de croire qu'Eschyle a été dans le vrai , et ici vient se placer une question chronologique.

Suivant Hérodote, Cyrus avait régné vingt-neuf ans , Gambyse sept ans et cinq mois , le mage sept mois , ce qui embrasse une période de trente-sept ans. Pouç Gtésias, Cyrus occupa le trône pendant trente ans, Gambyse pendant dix-huit, et le mage pendant sept mois. Les deux auteurs sont d'accord sur ce dernier point; mais la somme totale de l'un donne trente-sept ans, celle de l'autre en produit quarante-huit, plus sept mois.

Le calcul est tout différent pour les Orientaux : Key- Kaous règne cent cinquante ans et Gyrus soixante ans. Je ne suis pas étonné de la longueur du règne de Kaous- Gambyse, parce que j'en rejette ce qu'elle a d'excessif sur la confusion qui du père et du fils de Gyrus fait une seule et même personne , et sur les ténèbres de cette dynastie particulière de la Perside avant son avènement au trône. Mais la longueur attribuée au règne de Gyrus, et qui, prise en elle-même, n'aurait rien d'improbable, si l'autorité double de Gtésias et d'Hérodote ne semblait ici devoir être considérée comme préférable, me fait réfléchir, et peut-être faut-il y chercher la durée des règnes de Merdis, de Maraphis et d'Artaphrenès, indûipent confondus sous le nom du dernier descendant des feudataires de la Perside. Ged

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