CHAPITRE III. — LA FAMILLE ARIANE
préparation des briques. Quant à la tête y elle était enfouie avec les fondements \
La seconde occasion était la consécration royale; la troisième était TAcvamedha ou « sacrifice du cheval » . Il était alors de règle que rhomme dévoué fût conduit au fleuve, enfoncé dans l'eau jusqu'à étouffer , et alors on versait le sang du clieval sur sa tète *. Ce rite se rapporte assez à la libation du vin telle qu'on l'a vue tout à l'heure pratiquée chez les Scythes.
Pour le quatrième cas, qui avait lieu à la fête du solstice d'hiver, les cérémonies ordonnées sont tombées dans l'oubli, et il parait n'en être resté aucun souvenir; mais en ce qui est du cinquième, célébré indifféremment à la volonté des dévots, on se procurait à prix d'argent un brahmane ou un kjattriya, et, pendant une année,' on lui accordait toutes les jouissances possibles, sauf ce point qu'une chasteté absolue était nécessaire. Le moment du sacrifice arrivé, on couvrait la victime d'un riche vêtement rouge tissu des filaments de la plante appelée kouça, et on l'étouffait. On voit que, dans l'accomplissement de ces rites redoutables, les Arians-Hindous ne se contentaient pas de captifs étrangers, d'hommes et de femmes pris parmi les basses castes , de vagabonds ou de criminels ; ils voulaient des guerriers de race noble , et non-seulement des brahmanes , mais même des personnages appartenant à la famille particulièrement sacrée d'Atri'.
D'après l'exemple des deux grands rameaux arians, les Scythes et les Hindous, qui restèrent le plus longtemps réunis aux nations iraniennes, il n'est pas croyable que celles-ci, qui, jusqu'à une époque avancée, accep-
• Weber , Ueber Menschenop/er bey den Indiern der vedischen Zeit , p. 264.
2 Ibid,, p. 268.
3 /6iW., p. 279.
46 LIVRE !«•. — PREM. ET SEC. FORMATION DE L'IRAN, tèrent les mêmes dogmes, n'aient pas connu et pratiqué les sacrifices humains et n'aient pas commencé par voir , non pas une souillure imposée à la terre nourricière et dépositaire de la vie, mais bien, au contraire, une restitution sacrée, dans l'eflFusion du sang et l'expiration forcée de l'âme sur un sol béni et dans des circonstances solennelles.
Hérodote raconte que Xerxès étant arrivé au fleuve Strymon, trouva au delà neuf routes qui y aboutissaient, et qu'aussitôt il fit enterrer vivants neuf garçons et neuf filles du pays , en vertu d'une idée particulière aux Perses , ajoute l'historien ; et à ce propos il rappelle que lorsque la femme de Xerxès, Amestris, fut parvenue à une vieillesse avancée, elle fit de même enterrer deux fois sept enfants appartenant à dès familles illustres, afin, dit-elle, de racheter son salut du dieu qui règne sous la terre '. On pourrait supposer , il est vrai , que de tels rites avaient été empruntés par les Perses aux populations sémitiques auxquelles ils étaient alors mêlés. Cependant, on doit remarquer que le rapport avec les Scythes et. les Indiens ne permet pas de recourir à cette supposition, et que, bien que l'horreur inspirée plus tard aux Arians par le mode d'adoration observé ici ait du contribuer à faire disparaître de l'Avesta les textes anciens qui s'y rapportaient, ce qui , du reste, est aussi arrivé chez les Indiens, autant que les théologiens du pays l'ont pu tenter, il reste certain que les Iraniens de l'époque primitive ont , comme tous les peuples blancs , pratiqué le meurtre hiératique des hommes.
Après cette offrande, jugée la plus excellente , ils sacrifiaient aussi des chevaux, de même que les Indiens, les Scythes, les Germains, les Franks, et c'était là un sacrifice d'une grande importance. Ensuite, à un rang inférieur, se plaçaient les offrandes de moutons et de chèvres *.
1 Hkhodote, VII, 11^*. — 2 Ukrodotb, IV, 61.