CHAPITRE I«^ — APERÇUS GÉOGRAPHIQUES
vers le sud-ouest et s'établirent , en premier lieu , dans le pays de Merw, la Marçiane, ou, suivant l'expression du livre sacré des Parsys, dans les terres de Moourou la Sainte.
La Bactriane ou Bakhdhy, a la belle aux drapeaux élevés » , les reçut ensuite. Ce pays est placé à peu près sur la même ligne que Merw, à l'orient. Du même coup, ou peu après, les colons envahirent les campagnes de Niça, qui, dit le texte, est située entre Moourou et Bakhdhy.
Cette indication a jeté un peu de trouble dans les idées des critiques. Feu M. Burnouf, s'appuyant sur l'autorité de Strabon, a maintenu que la Niça du Yendidad était la province que les anciens connaissaient sous le nom de NisaYa et qu'ils faisaient confiner à l'Hyrcanie et à la Margiane. D'autres, comme M. Spiegel , après Anquetil, ont hésité, et ne seraient pas éloignés d'admettre une seconde Balkh, qui, située non plus à l'est, mais bien loin à l'ouest de Merw, permetti'ait de concilier, à peu près, le dire de Strabon avec celui du Vendidad.
L'unique cause de ces doutes me parait être que les géographes classiques n'ont pas indiqué de lieu appelé Niça, là où il faudrait en placer un. Peut-être, pour sortir d'embarras, suffirait-il de considérer l'ubiquité de ce nom. On le trouve d'abord où Strabon l'a indiqué, puis autour de Niçapour ou Nishapour, «la ville de Niça » . On le revoit aux environs de Maragha , au fond de l'Azerbeydjan , sur les confins de l'Arménie. Rien ne s'oppose u ce que les plaines immenses qui séparent Balkh de Merw aient reçu comme tant d'autres Ueux cette dénomination ambulatoire. D'autant plus que ce mot « neç » ou « neçe » signifie vaguement , en persan ancien , un lieu d'habitation et s'applique sans peine à toutes les localités, particulièrement à celles où l'étendue des plaines devait appeler et retenir des populations pastorales*. Ce qui est incontes-
^ On connaissait sur la rive gauche du Volga la Nr,ai<i&Tt; x<*>ptt9 <iui est
Cl LIVRE Te'. — PREM. ET SEC. FORMATION DE L*IRAN.
table, en tout cas, c'est rautorîtë du Vendidad. Il n'est pas admissible que les auteurs de ce livre aient commis une erreur qui impliquerait une ignorance complète de leur propre pays , et il ne Test pas non plus que , pour sortir d'une difficulté, on se croie autorisé à passer de la région du nord -est si clairement indiquée entre Moourou et Bakhdhy, pour aller chercher une solution dans des contrées occidentales que les Iraniens n'ont occupées, sinon connues , que longtemps après la rédaction du texte sacré que je cite.
Il faut remarquer aussi , à cette occasion , que ce n'est pas une idée juste que de prêter aux anciens peuples des tendances formelles à la discrimination parfaite en quoi que ce puisse être. De même qu'ils n'avaient pas le pouvoir de bien distinguer les hommes les uns des autres par un nom nettement appliqué et uniquement propre à une seule personne, de même encore qu'ils ne se souciaient que fort peu de détailler les lieux, les temps, les distances, toutes les circonstances enfin dont nous nous montrons si curieux, de même ils n'éprouvaient aucun besoin de conférer à une localité quelconque un nom qui à l'avenir n'appartiendrait qu'à elle, et servirait à jamais à la faire reconnaître dans la série des autres localités. Ils rencontraient une
aussi un pays <1e Niça, uq {;raiid pays de plaine. La ville fie Nisœa était aux sources du Héryroud. Il y avait encore une Nisa^a dans la contrée, et peut-être sur l'emplacement de THécatompylos des Parthes. Je ne cite pas les localités du même nom qui sont plus connues, et je m*arrête h la mention de ces vastes champs niséens , « neSCov [Uya Ni<Taîov » » qui, dans le voisinage immédiat de Rhagès, servaient à l'élève des immenses troupeaux de clicvaux, dont le nombre, suivant Diodore et Arricn, s'était élevé dans l'antiquité jusqu'à cent cinquante et cent soixante mille têtes, et qui, à l'époque d'Alexandre, en présentait encore le tici's. Bien que quelques autcui-s aient contredit le fait et l'aient voulu reporter aux environs de Mervv, où peut-être était-il également vrai , il est curîeux d'observer que dans ces lieux mêmes il y a encore aujourd'hui des troupeaux de chevaux errant* qui appartiennent au Roi, et qui, l'été, sont conduits dans les haules vallées de l'Elbourz pour y pâturer.