‹ Histoire des PersesChapitre 4 sur 192 · CHAPITRE I«'. — APERÇUS GÉOGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE I«'. — APERÇUS GÉOGRAPHIQUES

plaine et l'appelaient » la plaine » ; une montagne, ils l'appelaient « la montagne» ; ils fondaient une ville , et c'était pour eux « la ville » , et rien de plus '; et à mesure que les colonisations d'un même peuple allaient en avant et s'établissaient ailleurs que sur le point où d'abord avaient siégé les aïeux y elles promenaient avec elles ces dénominations simples et tout à fait générales, devenues plus tard des noms propres par le seul effet du mélange de langages et de dialectes qui, faisant vieillir certaines expressions, en ont, sans y prétendre, renfermé l'usage dans des limites étroites. C'est seulement aux époques où les faits d'un même genre se sont par trop répétés , et où les esprits ont été plus attentifs aux nuances, qu'il a paru nécessaire et possible de cataloguer des termes capables d'isoler décidément les objets auxquels on les appliquait , et alors seulement on a commencé à multiplier les noms destinés à des usages analogues. Une montagne n'a plus été seulement « la montagne » , comme est l'Elbourz de la Parthyèpe, et les nombreux autres Elbourz qui existent en Asie; il y a eu aussi VAround, » la grande montagne » , et bien d'autres encore. Ces noms se compliquaient à mesure que les idées se dédoublaient et perdaient quelque chose de la notion de l'ensemble pour gagner du côté de celle des détails. Cette observation est d'une importance majeure dans les études historiques; sans elle on ne saurait absolument rien comprendre à l'antiquité, parce qu'on ne se placerait pas dans le milieu vague, grandiose, indéterminé, ami de l'action, étranger à la réflexion, qui est le sien. Mais je reviens à la description des pays iraniens primitifs.

^ Cette confusion extrême dans les dénominations était telle, et le goût de conserver et d'appliquer partout les anciens noms si vif et si général , que même après l'époque de Zoroastre, par conséquent au moins ëous les Achéménides, le Yaçna appelle l'Iran de la vieille et antique dénomination d'Avr^'ana-Vaëjo, qui n'aurait dû appartenir qu'au domaine primiliT de la race blanche. — Spibobl, Vnçna, t. II, p. 73.

Nîça étant colonisée, les tribus voyageuses descendirent dans le territoire de Hérat, «Haroyou» , «riche en maisons» , puis, remontant vers le nord, allèrent, à ce qu'il semble, sans s'arrêter ni se détourner, conquérir THyrcanie, Khnenta, « la demeure de Vehrkana» , et les côtes orientales de la Caspienne. C'est, en suivant sur la carte, la ligne de marche obligée des convois sortis de Hérat pour pénétrer jusque sur ce point, qu'on donnera plus raison encore à la définition fournie par le Yendidad de la situation des champs Niséens entre Merw et Balkh. Si ces campagnes avaient été placées entre Merw et la Caspienne , incontestablement l'Hyrcanie aurait été occupée avant Hérat, et le Yendidad affirme le contraire.

Mais avant d'étendre ainsi leur territoire vers l'ouest , les Arians, déjà maîtres de la Sogdiane, de la Margiane, de Balkh, des champs Niséens et de Hérat, s'étaient emparés de deux autres provinces : Yaëkereta, « la demeure de Douyak » , et Ourva, « pleine de pâturages » . Cependant, comme on voit que la façon de procéder des envahisseurs tendait à s'arrondir et non pas à pousser indiffi^remment dans tous les sens des expéditions détachées de leur base, il n'y a pas de difficulté à admettre que Yaëkereta doit être identifié avec le pays de Kaboul. C'est l'opinion des commentateurs parsys du Zend-Avesta, au temps des Sassanides. Elle était probablement guidée par une tradition antérieure.

Après Yaëkereta, Ourva, plus difficile à reconnaître, pourrait être Houryoub , contrée placée au sud-est de Kaboul , et qui passe encore pour être particulièrement favorable aux troupeaux. C'est seulement après avoir atteint cette limite méridionale que le mouvement iranien se reporta vers le nord-ouest, en commençant par l'Hyrcanie, car au delà d'Ourva, du côté de l'est, le pays était aux mains des Arians-Hindous , avec lesquels les Arians-

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