CHAPITRE V. — LES DJEMSHYDITES DE L'IRAN. iOl
coupes de ce genre sont bien connues des Hébreux et des Arabes. Joseph, fils de Jacob, en possédait une.
Sur le bord de celle qui appartenait au grand roi arian était une inscription composée de sept écritures différentes , disposées sur sept lignes. La première s'appelait «djouz » : on la nomme aussi « leb-è-djam » , ou celle qui est placée au bord de la coupe ; la seconde était dite « écriture de Bagdad » ; la troisième , « écriture de Basrah n ; la quatrième, « écriture d'Azrek » ou « écriture noire » ; la cinquième, a écriture droite » ; la sixième, « écriture d'orfèvre » ; la septième, « écriture de commentaire. » On voit, d'après plusieurs de ces noms, que la coupe de Djem venait réellement des pays sémitiques et représentait quelques-unes des idées en vigueur dans ces territoires ' .
La seconde tradition rapporte que pour les différentes fonctions du gouvernement, Djem possédait quatre anneaux dont il cachetait ses dépêches, afin de leur donner un caractère authentique.
Sur les ordres militaires , il imprimait ces mots : « prudence et modération » ; sur les documents judiciaires , « s'enquérir » ; sur les ordres administratifs, « droiture et pron!iptitude » ; enfin , sur les papiers d'État , « sévérité et justice. »
L'usage de l'écriture devint bientôt commun dans l'empire , et des savants et des hommes lettrés s'y formèrent de toutes parts. On les vit dès tors prétendre à occuper une place parmi les gens puissants. Ceux-ci jusqu'alors n'avaient compté dans leurs rangs que les grands propriétaires et les braves guerriers.
Les rois djemshydites ont laissé la réputation d'avoir beaucoup favorisé ces nouveaux venus, et ce fut sans
^ Traité des écritures cunéiformes, t. II, p. 250. Je m'y suis étendu suffisamment sur les particularités qui se rattachent à la coupe do Djem- Shvd.
lOî LIVRE I«r. — PREM. ET SEC. FORMATION DE L'IRAN.
doute à la suggestion de ces conseillers facilement écoutés que les monarques arians commencèrent à prendre garde aux peuples étrangers habitant en dehors des frontières. La curiosité s'éveilla à leur égard. On députa chez eux des personnes d'intelligence et de savoir chargées d'examiner comment les choses s'y passaient, ce qu on y faisait , comment on s'y gouvernait. On avait certainement pensé d'abord qu'on ne verrait là que des sauvages. Quand on fut convaincu du contraire, on se piqua d'apprendre et d'étudier, et d'apporter dans le Vara les inventions qui pouvaient être de quelque utilité ou de quelque agrément aux hommes de la Bonne Loi. Ce fut afin de faciliter et d'activer les relations profitables nées de ces nouveaux contacts que les Djems ordonnèrent de construire en grand nombre des vaisseaux qui sillonnèrent les régions maritimes. Alors un peuple de matelots vint multiplier encore les relations avec le dehors et donna un grand essor au commerce.
Si l'on réfléchit à la situation géographique de l'empire , il est manifeste que ces récits de la légende ne peuvent s'appliquer qu'aux deux mers intérieures , la Caspienne et la grande agglomération d'eaux placée au centre du plateau de la Perse actuelle, et de même que le Vendidad nous fait connaître le nom antique de la première en l'appelant le lac Yoourou-Kasha , de même il nous indique le second dans le lac Pouytika. Entre les deux, ce hvre étabht des communications déterminées par les influences atmosphériques , et voici ce qu'il admet : les évaporations enlevant dans l'atmosphère les eaux du Yoourou-Kasha sous forme de vapeurs, les condensent en nuages que le vent pousse vers le Pouytika. Là , ces nuages se dissolvent et pleuvent au sein de cette mer méridionale, où les vapeurs arrivent purifiées, par la chaleur, des exhalaisons que l'influence du nord apporte et mêle à la Caspienne ou Yoourou-Kasha. Puis ensuite, ces mêmes eaux que le soleil pompe et