CHAPITRE V. — LES DJEMSHYDITES DE L'IRAN
suspend de nouveau dans l'atmosphère sont reportées par les yents contraires dans la direction du Hvapa , vastes, forêts où croissent des arbres de toute espèce. Là , elles recommencent à tomber en ondées abondantes et fertilisent le sol. Le Hvapa ne saurait être autre que le Ghylan, très-boisé en effet, et rendu plantureux par une humidité perpétuelle. Je ne vois que cette partie de la Perse à laquelle se puisse appliquer la description du Vendidad*.
L'empire paraît avoir eu plusieurs capitales qui se succédèrent les unes aux autres. Il est impossible aujourd'hui de retrouver les plus anciennes. La tradition ne les nomme pas ; mais elle affirme qu'aux derniers temps de la domination des Djems, quelques-uns de ces rois ont résidé dans une ville située au centre d'un district indéterminé du Seystan, et d'autres dans une métropole qui occupait à peu près l'emplacement de Tancienne ville de Tous, en Khoraçan, ce qui n'était pas loin de la mer Pouytika et indiquerait que les relations avec les peuples étrangers , noirs, Ghamites, Sémites, établis au delà de cette nappe d'eaux, avaient eu quelque influence sur le choix d'une métropole destinée à rendre les contacts plus faciles. Ce que je remarque principalement ici , c'est l'exactitude évidente de la légende, qui, dans ses hésitations, ne nomme pas même Balkh. Assurément, si elle avait travaillé uniquement sur des souvenirs parsys , elle se serait immédiatement attachée à cette dernière cité, que les Mazdéens ont toujours considérée comme la ville sainte des temps primitif^, et qui, cependant, n'a eu de grandeur et de renommée que longtemps après la chute du premier empire. Â l'époque où nous sommes encore, le Vendidad, d'accord avec la tradition, ne reconnaît à Balkh aucune suprématie sur les autres villes de
1 Spieoel, Vendidad, t. I, p. 107.
riran. Il faut constater cette coïncidence, qui répond de l'exactitude de beaucoup d'autres faits, et montre que l'histoire persane ne s'est nullement construite sur des données d'imagination. En reconnaissant que la capitale était placée aux derniers temps du Vara soit dans le sud , soit dans le sud-ouest, les annales anciennes qui ont servi de base aux rédactions plus modernes laissent deviner sans peine ce que nous avons dit plus haut, que le centre de gravité du pays était attiré vers les points où les relations avec l'étranger se multipliaient, augmentaient la richesse générale, et créaient des intérêts complexes qui sollicitaient l'attention directe du gouvernement suprême *.
Les choses étaient, en effet, devenues bien différentes de ce qu'on les avait vues aux premiers temps de la migration. Le riche était plus puissant et le pauvre plus faible. Il ne suffisait plus d'être un Arian pour se trouver un grand personnage. Le contact journalier entre les conquérants et la multitude des esclaves dyws avait produit ses effets ordinaires , et dès lors se forma l'idée que les créatures inférieures sur lesquelles on dominait n'étaient pas toujours laides, mais, au contraire, se signalaient quelquefois par un charme séducteur qui s'attacha désormais au nom même des payrikas ou fées.
Une classes de métis, produits d'amours furtifs plus ou moins réprouvés par la religion, mais inévitables,
1 On pourrait inférer d\in déutil donné par Myrkhond que la capitale 41e riran était Rhagcs, car, tout en la nommant Idtakiir, ce qui ne si{;niHc autre chose qu'une place forte, il ajoute que cet Istakhr avait « trois châteaux », et c'est précisément la particularité distinctive de •• Rhaga aux trois châteaux. » L'une de ces citadelles se nommait « Istakhr *, proprement dite; la seconde, « Shekesteh»; la troisième, « Esketwan». Dans la pre- . mière étaient déposés les trésors de Tempire ; dans Tautre se tenait la maison du prince avec les ser>'iteur8 et tout le mobilier; à Esketwan on avait Tarsenal. La capitale ainsi faite fut terminée Tan 315 du règne de Djem- Shyd.— Le« Redaleh-é-Heft-Reshwer », ou « Mémoire sur les sept climats « , rapporte que Djem-Sbyd avait fondé Tancienne Tous dans le Rhoraçan.